La prison à vie pour Sylvain Duquette

La prison à vie pour Sylvain Duquette

Sylvain Duquette

Crédit photo : (Photo Martin Paillé)

JUSTICE. Après avoir plaidé coupable de meurtre prémédité à l’endroit de Jocelyne Pellerin, de meurtre non prémédité sur Jeanette Lauzon-Toupin et Denise Paré, et coupable de tentative de meurtre en causant un incendie sur Claude Duquette, Sylvain Duquette a reçu une sentence d’emprisonnement à vie pour les trois meurtres, et une peine de 7 ans pour la tentative de meurtre sans possibilité de demande de remise en liberté avant 25 ans. La tragédie s’est déroulée le 5 avril 2017.

Après le prononcé de la sentence par le juge Raymond W. Pronovost devant une salle d’audience bondée, les familles des victimes et les proches ont applaudi la décision du juge. «Mes sincères condoléances aux familles des victimes. Je sais que la sentence ne pourra pas diminuer votre peine, mais c’était la peine maximale», a exprimé le juge Pronovost.

Concernant les faits, Duquette s’est d’abord présenté à la maison de son père Claude Duquette à Saint-Mathieu-du-Parc. Sylvain Duquette est entré avec un sac qui contenait une arme de calibre 12 et un gros couteau. Il a ligoté son père et la conjointe de son père Jocelyne Pellerin, avant de leur faire de mauvais traitements pendant 4 heures. Il a tiré Mme Pellerin dans la tête sous les yeux de son père. Puis il a aspergé ce dernier d’essence avant de mettre le feu à la trainée d’essence et de quitter les lieux. Son père est parvenu a défaire les liens, sortir de la résidence, et appelé le 911 à la maison voisine.

Pour l’autre lieu du drame au 190, rue du lac Marchand, il n’y a pas eu de témoin des deux meurtres de Denise Hallé et Jeannette Lauzon-Toupin. Cette dernière était en vacances avec un enfant pour visiter Mme Hallé. Il y avait des traces d’incendie et l’intérieur de la maison était carbonisé. Le corps de Denise Hallé se trouvait au sous-sol dans un lit avec deux balles, dont une mortelle à la tête. Duquette a mis le feu à la résidence en quittant, avant d’avoir apporté l’enfant à la maison voisine. Il s’est ensuite dirigé vers la station-service où l’arme était dans le véhicule avec des bidons d’essence.

L’enquête n’a pas pu déterminer les motifs de Sylvain Duquette.

Cinq personnes proches des victimes ont défilé devant le juge pour faire part des conséquences du drame.

La sœur de Denise Hallé, Lisa, a déclaré «qu’elle a été tuée en même temps que sa sœur.»

La fille de Denise Hallé, Karine Massicotte, a affirmé qu’elle a arrêté de vivre, de manger, et que le drame a détruit la personne qu’elle était.

La belle-fille de Jocelyne Pellerin, Josée Dandurand, affirme que ce drame a fait naître la haine en elle, sentiment qu’elle n’avait jamais connu. «Je souhaite que le restant de sa vie soit à la hauteur des souffrances qu’il a causées», a-t-elle dit en se tournant vers Sylvain Duquette.

La mère de l’enfant qui était présent a témoigné concernant toutes les répercussions pour son fils qui avait 3 ans lors de la tragédie. La petite famille a même dû déménager parce que l’enfant croyait que le «méchant» savait où il habitait. «Il ne l’a pas blessé, mais il l’a détruit émotionnellement et voler son innocence.»

Sylvain Duquette a lu une déclaration pendant presque une heure. D’un ton arrogant et narcissique, il a expliqué comment son père Claude pouvait être avare et comment il a méprisé ses enfants. À plusieurs reprises, le contenu faisait référence à une morale à l’endroit de son père.

À un moment, le juge Pronovost l’a interrompu en lui disant que les gens étaient présents pour une sentence, et non pas pour entendre un défoulement. «On n’est pas ici pour entendre votre vie, ce n’est pas la place pour déblatérer. Si vous voulez raconter votre vie, vous écrirez un livre», a-t-il lancé.

Duquette s’est ensuite excusé auprès des proches des victimes. «J’assume la responsabilité de mes actes, j’exprime mes sincères excuses, je regrette mes gestes et les répercussions sur les proches.»

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