La stratégie numérique devancée

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Par Patrick Vaillancourt
La stratégie numérique devancée
Genevieve Racine, directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan. (Photo : courtoisie)

ÉCONOMIE. Le monde économique encaisse les coups durs depuis plus d’un an avec la pandémie. Certains entrepreneurs ont dû fermer boutique, tandis que d’autres ont devancé certains projets. L’Hebdo a réalisé un portrait de la situation avec la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan (CCIS) Geneviève Racine.

«Dans la dernière année, il y a des commerces qui sont allés chercher de nouvelles parts de marché, et d’autres ont mis plus rapidement de l’avant leur stratégie numérique. On a vu ça s’accélérer depuis un an. D’ailleurs, la SADC a offert de l’accompagnement pour se tourner vers le commerce en ligne. C’est certain qu’il existe des commerces qui sont encore en difficulté parce que, soit les programmes ne répondent pas à leur type d’entreprise, ou parce que leur clientèle sont des gens de l’extérieur», affirme d’entrée de jeu Geneviève Racine.

Très certainement, avec l’absence de la clientèle internationale, les entreprises touristiques ou dans l’événementiel ont souffert de l’arrêt des activités mondiales.

«Il y a une propriétaire d’une auberge à Shawinigan-Sud qui recevait une clientèle américaine chaque année et c’était récurrent. Il n’y a plus cette clientèle cette année. Il y a eu des programmes gouvernementaux, mais à ce que j’ai entendu sur le terrain ça ne répondait pas aux besoins», ajoute la directrice.

D’autres ont usé d’imagination pour aller chercher des revenus. Notamment, une entreprise de location de jeux gonflables pour les événements s’est tournée vers de la location pour des fêtes privées.

Avec les différents prêts gouvernementaux pour aider les entreprises, certains propriétaires peuvent se sortir la tête de l’eau, mais jusqu’à quand? «C’est le fun les prêts, mais demain les entrepreneurs devront les rembourser. On a rajouté beaucoup de pression sur les entreprises au cours de la dernière année. Et finalement, on reporte le problème à demain. On sait que les cinq premières années d’une entreprise sont critiques pour savoir si ça passe ou ça casse. Avec la dernière année, il y a beaucoup d’entreprises qui existent depuis 15-20 ans, et elles se sont remises dans une position comme si c’était le démarrage. Alors c’est certain que ça apporte un stress supplémentaire sur les propriétaires, et sur les employés aussi», opine Mme Racine.

Comment la directrice a-t-elle vu la dernière année avec le recul? Est-ce que la situation économique est pire de ce quoi on pouvait s’attendre lors de l’arrêt au printemps dernier? «Les subventions salariales de 75% aux entreprises ont permis d’alléger un poids et de permettre aux gens de garder leurs employés sans que ça leur coûte trop cher. Cette mesure a été grandement appréciée par l’ensemble des entreprises. (…) Si je regarde avec le recul, on pensait que ça allait être pire que ce l’est. Par contre, on ne peut toujours par faire une projection quelle sera la situation dans quelques mois, puisque ça change tellement vite et on n’est jamais sûr.»

Mme Racine désire rappeler aux commerçants de demeurer vigilants avec les normes sanitaires. «C’est plate et les gens sont tannés de s’en faire parler, mais il faut continuer pour éviter qu’il arrive quelque chose de négatif et que tout le monde soit pénalisé. C’est important que les entreprises ne lâchent pas.»

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