Le choix d’une vie

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Par Jonathan Cossette
Le choix d’une vie
Jacob Guévin est un des jeunes joueurs de la région à avoir choisi la NCAA afin de poursuivre son parcours de hockeyeur. Photo Archives – Stéphane Lévesque

La saison de hockey est à nos portes et pour certains jeunes hockeyeurs bientôt à l’âge adulte, l’heure de la grande décision approche. Est-ce qu’on choisit de poursuivre son parcours dans les amphithéâtres canadiens, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), ou est-ce qu’on choisit le parcours de la National Collegiate Athletic Association (NCAA), chez nos voisins du Sud?

Depuis plusieurs années déjà, ce dilemme se présente à plusieurs joueurs s’étant développés à l’Académie de hockey Denis Francoeur (AHDF). L’ancien entraîneur des Cataractes de Shawinigan, notamment, n’a donc nul autre choix que de bien préparer les familles des joueurs.

«La plupart de nos joueurs sont dans notre système du début à la fin alors ils apprennent et savent ce qui les attend en fin de parcours. Les joueurs et les parents ont déjà de bonnes connaissances envers la LHJMQ et la NCAA. De notre côté, on reste à leur disposition pour répondre à toutes questions en profondeur. Beaucoup d’entre eux ont déjà même visité des collèges et des universités américaines. Notre programme est maintenant reconnu à travers l’Amérique du Nord et ils savent ce qu’est l’Académie de hockey Denis Francoeur», confie-t-il d’emblée.

«Nous, on est là pour représenter les joueurs et on connait bien les deux côtés de la médaille. Si tu arrives dans la NCAA à 19 ou 20 ans, tu vas affronter des gars de 21 à 24 ans. Les joueurs de premières années se font appeler Freshman, ensuite Sophomore et Junior à l’an numéro trois. Après trois ans, tu deviens Senior. Les plus talentueux vont se démarquer même s’ils n’ont que 19 ou 20 ans, un peu comme on voit dans la LHJMQ avec les 16 et 17 ans.»

Choisir de poursuivre ses études loin des parents et amis peut également peser dans la balance pour certains jeunes joueurs.

«C’est sûr que c’est le fun pour les joueurs d’avoir différentes options et non un parcours cylindrique à une voie. Souvent, c’est difficile de décider pour les familles et c’est un moment stressant qui peut amener de l’anxiété à savoir si on fait le bon choix ou non. Pour d’autres familles, il n’y a pas de pression. Ça passe ou ça casse!», explique coach Francoeur.

«Même si le chemin est plus court en Amérique du Nord, tu n’arriveras pas nécessairement plus vite en haut. Si un joueur a un énorme potentiel pour se rendre à la Ligue nationale de hockey (LNH), il va le faire rapidement, même s’il choisit la NCAA. Comme c’est un peu plus le long pour se développer en passant par le Sud, c’est sûr que ça amène un peu plus de visibilité aussi. Souvent, on va voir des gens critiquer le choix d’un joueur de choisir les États-Unis et non le Québec. Par contre, ces gens-là n’ont pas toutes les données qui mènent à cette décision et on pourrait s’en parler pendant des jours si ça devait être un dossier journalistique.»

Joueurs à surveiller

Tel que mentionné précédemment, de plus en plus de hockeyeurs sortant de l’Académie de hockey trifluvienne reçoivent une entente verbale intitulée commitment de la part de différentes universités américaines.

«Joaquim Lemay devrait jouer dans la British Columbia Hockey League (BCHL) la saison prochaine, à 18 ans, et rejoindre l’Université du Nebraska, à Omaha, à 19 ou 20 ans. Jacob Guévin a joué cinq maths dans la United States Hockey League (USHL) l’an dernier alors il devrait commencer là cette année pour être prêt à rejoindre Omaha à 19 ans. Mathis Ross n’a que 17 ans et a eu beaucoup de visibilité l’an dernier en vue d’obtenir un commitment dans la NCAA. Thomas Pichette pourrait lui aussi rejoindre la NCAA à 19 ou 20 ans, et c’est la même chose pour Isaac Lambert», témoigne-t-il.

«Bref, les deux parcours sont bien différents et c’est notre rôle de bien l’expliquer aux joueurs et aux parents. Le joueur qui va choisir la NCAA a des chances de sortir de là avec un baccalauréat en poche alors s’il se retrouve dans la Ligue américaine de hockey (LAH) pendant quelques années, il a un filet de sécurité en sortant. Le joueur qui choisit la LHJMQ n’aura pas de baccalauréat et s’il se retrouve dans la Ligue américaine de hockey (LAH) pendant quelques années, il devra songer à retourner aux études. Il faut toujours être conscient qu’un faible pourcentage de hockeyeurs réussit à faire une carrière professionnelle, que très peu parviennent à devenir un joueur régulier qui dispute 82 matchs dans la Ligue nationale», conclut-il.

Rappelons que l’Académie de hockey Denis Francoeur a évolué au Collège Marie-de-l’Incarnation (CMI) pendant six ans avant de poursuivre ses activités au Séminaire Saint-Joseph (SSJ) en septembre 2018.

 

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