Le projet de repérage social dans la communauté salué par le CIUSSS

Par Claude Thibodeau
Le projet de repérage social dans la communauté salué par le CIUSSS
(Photo : capture d'écran)

Mis en place peu de temps après le début de la pandémie, le projet d’équipe de repérage psychosocial dans la communauté a été souligné par le conseil d’administration du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Les responsables du projet ont pu l’expliquer aux administrateurs, lors de la séance virtuelle du conseil d’administration, en plus d’effectuer un bilan depuis sa mise en place. «Avec la pandémie, on pouvait anticiper, dès le départ, des impacts psychosociaux considérant les mesures en place, comme le confinement et la distanciation physique», a indiqué Dave Fillion, directeur du programme santé mentale adulte et dépendance.

En constatant, toutefois, que les services habituels n’étaient pas interpellés de façon significative, il a été décidé de prendre les devants. «On a convenu d’aller davantage en amont, d’aller sur le terrain pour chercher le pouls de la population et évaluer la situation psychosociale. On souhaitait être proactif, mettre à profit notre expertise et agir rapidement en prévention», a confié M. Fillion.

Voilà ce qui a mené à la création d’une équipe de repérage psychosocial. «Avec comme objectif principal de soutenir, non seulement la population, mais aussi les entreprises, de même que le personnel du milieu de la santé pour favoriser une meilleure santé mentale et un bien-être psychologique par des approches de prévention et d’intervention», a souligné Jovany Raymond, directeur adjoint des services sociaux généraux et dépendance.

Le projet se décline en deux volets : d’abord, l’axe populationnel dans lequel les intervenants vont à la rencontre des gens. «Il est question d’une présence dans différents lieux publics, pistes cyclables, parcs, centres commerciaux, notamment, mais aussi dans les cliniques de dépistage et de vaccination. On voulait profiter de ces lieux pour favoriser nos prises de contacts avec les gens», a précisé M. Raymond.

Et puis, l’axe «support au personnel» en lien avec la présence des intervenants dans différentes installations (centres hospitaliers, CHSLD). «Selon les besoins exprimés, on déterminait une offre adaptée de support, soit par une intervention individuelle ou de groupe, de façon formelle ou informelle», a-t-il noté, tout en rappelant la mise en place rapide, dès le printemps 2020, d’une ligne téléphonique destinée au personnel afin de lui offrir un support psychosocial en situation de pandémie.

Les équipes de repérage psychosocial ont été déployées à la grandeur du territoire. «Ce sont des intervenants psychosociaux qui ont été formés en intervention de crise», a fait savoir Jovany Raymond.

Témoignage d’une intervenante

Intervenante psychosociale, Rachelle Bouchard a témoigné de son vécu sur le terrain. «Nous sommes toujours deux intervenants bien identifiés avec un dossard blanc de la sécurité civile», a-t-elle dit, d’emblée. Elle a raconté avoir visité de nombreux lieux publics, des parcs, des campings, des piscines municipales et des centres commerciaux, entre autres. «On approche d’abord les gens en leur expliquant notre mandat, puis on leur demande comment ils vont, comment ils vivent les impacts de la COVID. Les gens sont contents de nous parler et disent que ça leur fait du bien», a relaté l’intervenante.

En général, a-t-elle relevé, les gens se portent bien. «Mais ça leur fait du bien de parler. Ils nous l’expriment et affirment être tannés de la situation. Par contre, a-t-elle ajouté, ils nous parlent souvent de leurs voisins, leurs amis ou de membres de leur famille qui vont moins bien.» Il arrive aux intervenants, a-t-elle noté, de revoir des personnes auprès de qui ils sont intervenus, de se faire remercier et se faire dire qu’ils ont été là au bon moment.

«D’aller ainsi au-devant des gens amène de beaux succès. Ce sont des citoyens qui ne seraient pas nécessairement venus chercher des services. Il n’est pas nécessaire de toujours référer à un service, mais parfois, juste un moment d’arrêt avec une personne peut lui permettre de diminuer une certaine détresse», a conclu Dave Fillion.

«Je suis heureux de voir qu’on se rapproche des gens. Bravo pour avoir osé. Si on veut des résultats différents, il faut changer des choses. Et vous le faites. Excellent travail!», a commenté le président par intérim du conseil d’administration, Michel Larrivée.

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