«Les canotiers avaient la chair de poule» – Réjean Huard

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage

Jamais canotier disqualifié n’aura été aussi heureux. Moins de 24 heures après la fin de la 75e Classique, Réjean Huard était encore sous l’adrénaline.

«C’était une Classique incroyable!», s’est exclamé le directeur général de la Classique, qui avait pris le départ de La Tuque en compagnie de Frank Smutek, mais qui a été disqualifié après avoir mis plus de 7h30 pour parcourir la distance jusqu’à Saint-Roch-de-Mékinac.

Peu importe toutefois, Huard a remporté son pari en dirigeant sa dernière course à titre de directeur général. «On retrouvait des gens sur le bord de la rivière pendant toute la durée de l’événement, et souvent à des endroits où l’on n’avait pas l’habitude d’en voir. Même au départ à La Tuque, j’avais tout un point de vue de la foule et c’était impressionnant. On entendait même crier les gens au beau milieu de l’hymne national du Canada et on entendait plus la musique. Les canotiers se sont tous regardés en ayant la chair de poule. Il y avait tout autant de gens à Shawinigan qu’à Trois-Rivières. Ça même prit une heure pour se rendre du pont Duplessis à l’île St-Quentin lundi. Les gens qui disent que c’est un problème d’avoir trop de monde, je ne suis pas d’accord. Le problème aurait été de ne pas avoir de monde.»

Lajoie-Triebold évidemment

Au chapitre de la compétition, la victoire de Steve Lajoie et d’Andy Triebold n’a été une surprise pour personne. «Nous avions hâte de terminer mais nous serons de retour l’an prochain, a promis Lajoie à son arrivée à Trois-Rivières. Nous avons un coup de rame semblable et c’est probablement ce qui nous a permis de gagner. J’ai fait ma première compétition de canot lorsque j’avais quinze ans, je suis pratiquement né dans un canot.» Après seulement trois heures de course, le tandem détenait déjà une avance de 3 minutes et demie sur leurs plus proches poursuivants. Il s’agissait d’une deuxième coupe McCormick pour les deux canotiers, eux qui l’avaient déjà remporté ensemble en 2004. Triebold y a cependant inscrit son nom une autre fois, en 2006, alors qu’il faisait équipe avec Matt Rimer. En fait, les deux hommes de 32 ans sont présentement dans une classe à part mais la lutte est drôlement intéressante pour le reste du peloton de tête. À leur arrivée à l’île Saint-Quentin, ils avaient près de 13 minutes d’avance sur les Américains Marc Gillespie/Matt Rudnitsky, également 2e en 2007. En fait sur les dix premières équipes qui ont franchi le fil d’arrivée, sept sont composés de canotiers mauriciens. Un mélange de vétérans et de jeunes loups qui augurent bien pour la pratique du canot long parcours. Mentionnons les performances de Denis Marcouiller et Éric Gagnon (3e), d’Alain Poirier et Guy Rousseau (4e), des frères Guillaume et Frédéric Blais (5e), de Shane Lynch et Patrick Armstrong (7e) et des vétérans Pierre Auchu et Jean Thellend (8e).

Abandons et disqualifications

Sur les 82 embarcations qui ont pris le départ, il n’en restait plus de 72 à l’arrivée. Quatre disqualifications ont été enregistrées – dont trois par des équipes féminines – ainsi que six abandons. L’un des plus remarqués a été celui de Keven Petit et Dany Ducharme qui s’étaient tout de même classés 12e au terme de la 1e étape.

À propos des équipes féminines, six étaient inscrites et ce sont pour la 2e année de suite le duo d’Émilie Moisan et Marie-Eve Dupont qui ont enregistré le meilleur temps. Elles se sont même permis de se hisser au 59e au classement général.

Le nombre élevé d’abandons s’explique peut-être par le fait que plusieurs compétiteurs – dont Réjean Huard – ont été affaiblis par un virus contracté possiblement à La Tuque. Même que la canotière Pascale Frigon, complètement déshydratée après la 1e étape, demeure toujours hospitalisée plus d’une semaine après la course. Son état de santé est cependant sous contrôle ont rassuré ses proches.

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