Les femmes entrepreneurs à temps partiel sous la loupe

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Par Bernard Lepage
Les femmes entrepreneurs à temps partiel sous la loupe
Aux côtés de la chargée de projet Véronique Perron (deuxième à gauche), on retrouve Simon Charlebois, Sylvie Lavergne et Jacques Samson, respectivement directeur général, directrice du développement et des communications, et président de la SADC du Centre-de-la-Mauricie. (Photo : courtoisie SADC)

ENTREPRENEURIAT. Soucieuse que les programmes et outils offerts par les ministères et organismes soient adaptés à leurs besoins et réalités, la SADC du Centre-de-la-Mauricie a mené ces derniers mois une étude sur l’entrepreneuriat féminin à temps partiel au Québec.

Prenant acte du fait que les femmes sont représentées majoritairement chez les nouveaux entrepreneurs qui combinent un emploi avec leurs activités entrepreneuriales, la chargée de projets Véronique Perron en est arrivée à un premier constat étonnant: ces femmes qui cumulent une double occupation ne se considèrent pas comme des entrepreneures. À noter que cette deuxième tâche peut être un emploi mais aussi la responsabilité de la famille, un statut d’étudiante ou autre.

Ce syndrome de l’imposteur est peut-être attribuable aux motivations qui poussent ces femmes à tenter l’aventure entrepreneuriale. L’étude révèle en effet qu’elles s’y lancent par passion et pour nourrir leur créativité; pour améliorer leur indépendance; et enfin, parce qu’il s’agit d’une formule qui leur permet de concilier le travail et la famille.

Dans une proportion de 39%, ces femmes déclarent avoir un revenu de moins de 20 000$, ce qui pourrait expliquer selon Véronique Perron pourquoi elles développent une activité entrepreneuriale qui leur procurera un revenu d’appoint.

Pour pouvoir atteindre leur plein potentiel, les femmes consultées disent avoir besoin de formation et d’accompagnement relativement à la fiscalité, la comptabilité, le marketing et le développement stratégique de leur entreprise. Autre élément intéressant, les personnes interrogées chiffrent à environ 5000$ leur besoin en financement, un montant qui cadre rarement avec l’offre conventionnelle peut-on lire dans l’étude.

Afin de s’assurer que les données soient représentatives, l’enquête a été menée l’automne dernier auprès de 78 femmes rassemblées dans des groupes de discussion provenant de trois régions du Québec: Montréal (urbain), Shawinigan (semi-urbain) et Thetford Mines (rural). Dans une deuxième phase, des entrevues dirigées téléphoniques ont été réalisées auprès d’une vingtaine de femmes en situation de précarité économique. Enfin, pour valider les ressemblances et différences, un sondage a été mené auprès de 24 hommes entrepreneurs à temps partiel.

Cette étude n’était qu’une première étape expliquait Simon Charlebois, directeur général de la SADC du Centre-de-la-Mauricie. Au cours des prochains mois, une tournée de consultation auprès des ministères et organismes sera entreprise afin de divulguer les résultats pour qu’à terme, les programmes et outils soient adaptés à la réalité. Enfin, un projet pilote sera éventuellement déployé afin d’accompagner ces femmes entrepreneures à temps partiel au travers des programmes d’aide déjà existants.

 

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