Les joyeux lurons de l’aviron

Par Andre Perreault

CHRONIQUE. Pour les experts de la pagaie, en C2 comme en rabaska, la Classique Internationale de Canots de la Mauricie est un défi athlétique d’envergure, presque surhumain, qui exige des centaines d’heures d’entraînement. Le spectacle que ces forcenés de l’aviron offrent aux badauds et aux spectateurs initiés, tout au long du parcours, de La Tuque à Trois-Rivières, est grandiose et inimitable. Leur performance en puissance, en rapidité, en endurance et en syncrhonisation suscite l’admiration et l’émerveillement.

Il existe moult façons de vivre la CICM, certaines plus sollictantes que le seul fait d’admirer ces adonis aquatiques du bord du rivage. C’est par plusieurs centaines de vélos, regroupés en essaims d’ouvriers de la roue, que la route panoramique de la 155 les accueille pour un aller et retour de 200 kms entre Grand’Mère et La Tuque.

LE RABASKA 55/71 LA TUQUE – GRAND-MÈRE

Motivé par la déveine de la maladie incurable de mon bon ami Réjean Huard, l’ex p.d.g. de la CICM, j’ai décidé à mes 71 ans révolus de célébrer mes 55 ans d’homme d’aviron en regroupant une équipe de 7 pagayeurs pour compléter le parcours me séparant de mon camp de La Tuque à la résidence familiale de Pointe à Comeau, en trois étapes, les 29-30 et 31 août 2014. Mes coéquipiers ont acceptés de vivre ce projet éducatif selon les concepts proposés à mes élèves en éducation physique et sportive de l’Option Plein Air de l’École Secondaire Paul Le Jeune de St-Tite. Ma dernière bordée estudiantine remonte à juin 1997, l’année de ma retraite.

L’équipage fut composé de vaillants pagayeurs dont la moyenne d’âge fut de 56 ans, d’un ainé de 71 ans et du puiné de 44 ans. Ce groupe a été formé de l’unique femme Diane Gibeau de St-Jean-Sur-Richelieu, pagayeuse à la proue; du curé de La Tuque, le légendaire Marc Lahaie; de Martin Doucet de St-Georges-de-Champlain, mon ancien élève, qui avoue être redevable à Réjean Huard pour son impeccable technique à l’aviron; du militaire à la retraite François Lafrenière de Trois-Rivières; du fonctionnaire humoristique Luc Fontaine de St-Jean-Sur-Richelieu; du nouveau propriétaire de la 2e Rue à Shawinigan, le franco-québécois Jean-Paul Miara enfin du barreur du rabaska, votre scribouillard. Le ravitaillement, sur terre comme sur eau, fut assumé par Monique Demers, responsable du tranport des passagers et des équipements et par la cousine française Marie-Claude Battaglia-Miara, responsable de l’alimentation. Les quartiers maîtres furent établis au chalet de Diane et Luc à La Tuque et au Centre Récréatif Communautaire de Pointe à Comeau à Grand’Mère.

PERCEPTIONS ET COMMENTAIRES

L’équipage tout entier est d’un commun accord convaincu que ce trajet de La Tuque à Grand’Mère ne constitue pas une simple et agréable balade sur l’eau. Pour des néophytes dont l’entraînement fut modéré, l’effort exigé est considérable et nécessite de puiser dans ses réserves autant physiques que psychologiques. L’audacieux cousin français Jean-Paul Miara n’avait jamais pris position dans un canot. Quelle force d’adaptation, de caractère et d’abnégation pour ce nouveau shawiniganais d’adoption ébloui par les prouesses des pros du canot… Les joyeux lurons de l’aviron du Rabaska 55/71 auront mis moins de 13 heures pour compléter leur odyssée aquatique, riche d’incidents inoubliables et de péripéties imprévues, parfois intrigantes mais toujours au dénouement heureux.

UN POST-MORTEM AU RESTO LE P’TIT CANOT

Lors du post-mortem tenu au Resto Le P’tit Canot de St-Jean-des-Piles, tous les membres furent unanimes à reconnaître la magie de l’ambiance de l’équipage, la féerie du paysage, l’euphorie d’une satifaction indicible dû à l’acharnement au travail, l’envoûtement bénéfique d’appartenance, l’enchantement et le ravissement d’un grand, noble et fier accomplissement. Quelle belle Galère! …. Le mot de la fin ou le fin mot de la rencontre fut celui du pilote d’hélicoptère François Lafrenière, maître des airs devenu maître de la mer: «Barré de main de maître, nourri par son quartier-maître, la légende du St-Maurice nous a navigués dans son royaume».

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