Les noces d’or professionnelles de Claudette Caron Benoit

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Par Bernard Lepage
Les noces d’or professionnelles de Claudette Caron Benoit
Des pharmaciens Claude Belzile et Ronald Gervais en 1971 jusqu'à la pharmacienne Annie Desjardins aujourd'hui, Claudette Caron Benoit a toujours travaillé au 765, Avenue de Grand-Mère. (Photo : (Photo L'Hebdo - Bernard Lepage))

VOCATION.  Alors que la jeune génération accumule les employeurs comme on change de chemises, Claudette Caron Benoit demeure toujours fidèle au sien depuis maintenant 50 ans…

Assistante-gérante à la Pharmacie Jean Coutu de  Grand-Mère, la dame de 67 ans a été reçue en octobre par la haute direction de l’entreprise qui voulait souligner la longévité exceptionnelle de sa carrière. « Nous étions deux femmes. Il y en avait une autre de Québec qui avait commencé il y a 52 ans », souligne-t-elle.

En fait, Claudette Caron Benoit préfère dire que voilà plus de 51 ans qu’elle a mis les pieds la première fois au 765 Avenue de Grand-Mère. « J’ai été embauchée le 13 juin 1971, mais avant, j’ai fait un stage d’un an ici. Je voulais aller à l’hôpital, mais comme il n’y avait plus de place, l’école m’a placée à la pharmacie qui était alors sous la bannière Rexall. »

Une pharmacie dans les années 1970 n’avait rien à voir à celles d’aujourd’hui où les aliments et les vêtements côtoient le comptoir des prescriptions. « Dans le temps, on vendait plus de 1000 cartouches de cigarettes par semaine. Je le sais, c’est moi qui les commandais », souligne-t-elle avec un grand sourire. Et c’est sans compter sur le tabac à chiquer Copenhague qui était fort populaire nous dit-elle. Quant au sirop pour la toux, il arrivait en gallon qu’il fallait transvider dans de petits flacons individuels…

Native de Sainte-Flore, la jeune femme a parcouru à la marche durant les premières années  les 10 kilomètres aller-retour qui séparaient la demeure familiale de la pharmacie tenue alors par Claude Belzile et Ronald Gervais. « Hiver comme été. Pluie ou pas de pluie. Tempête ou pas.  J’étais fidèle au poste », raconte-t-elle avec fierté.

Quand j’aime un jour, j’aime pour toujours

En 50 ans de carrière, la Grand-Méroise dit ne jamais avoir songé à changer d’employeur. « Je n’en ai jamais eu le goût. Un jour, je me suis aperçu que des employés partaient, mais revenaient quelque temps après. J’étais bien ici. »

Et ce n’est pas non plus le tocsin des 60 ans qui lui a donné le goût de tirer sa révérence. « Jamais de la vie, répond-elle quand on évoque l’idée. J’ai dit à mon mari qui avait déjà pris sa retraite.  »Toi, tu as voulu sortir de bonne heure, mais moi, n’y pense même pas. Mets-toi le bien dans la tête », lance-t-elle en mimant la discussion.

Claudette Caron Benoit aime à dire que ses trois enfants ont été élevés à la pharmacie… parce qu’elle les a portés jusqu’à leur naissance ou presque. « Dans le temps, le congé de maternité durait trois mois. Alors, je travaillais jusqu’à une semaine avant l’accouchement pour en avoir le plus possible avec eux. En me voyant lever des boîtes, M. Gervais me chicanait des fois en me disant de m’en aller à la maison. »

D’ailleurs aujourd’hui, elle considère la Pharmacie Jean Coutu de Grand-Mère comme le 4e enfant qu’elle aurait voulu avoir un jour. « C’est ma maison ici », confie-t-elle d’une voix émotive. Elle l’a réalisé plus que jamais en début d’année lorsqu’elle a pris un congé de six mois pour s’occuper de son conjoint qui combattait un cancer. « C’est la première fois que je prenais un congé aussi long. Ça ne faisait pas mon affaire, mais pour mon mari, je l’ai fait. »

Et le conseil de Claudette Caron Benoit à ceux qui vont travailler quelquefois à reculons? « Aimez tout le monde et se sentir aimé. Ce n’est pas compliqué. Moi, je parle à tout le monde ici et quand il y a de la chicane, je dis parlez-vous puis accordez-vous », conclut-elle

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