Les terrasses en mode déconfinement

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Par Bernard Lepage
Les terrasses en mode déconfinement
Claude Villemure (Photo : Bernard Lepage)

TOURISME. Un projet pilote mené par les villes de Shawinigan et Trois-Rivières fera tache d’huile cet été dans les autres municipalités québécoises en matière d’aménagement des terrasses.

Sous l’impulsion du Regroupement des gens d’affaires (RGA) de Shawinigan et de la Société de développement commercial (SDC) de Trois-Rivières, les cafés, restaurants, bars et bistros pourront agrandir leur terrasse sur des emprises publiques désignées – comme les rues ou les trottoirs – de façon à permettre de respecter la règle de distanciation sociale de 2 mètres tout en conservant la même capacité d’accueil qu’auparavant.

Le projet est présentement à l’étude à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) du Québec et le feu vert pourrait être donné dès le premier ou deuxième weekend du mois de juin.

«Dès le début de la crise en mars, j’ai dit aux restaurateurs: préparez-vous tout de suite pour cet été. N’attendez pas votre réouverture.»

– Claude Villemure

Concrètement à Shawinigan, cela signifierait que les établissements de la 5e rue de la Pointe pourraient prolonger leur terrasse sur le trottoir devant leur commerce. La Place du Marché deviendrait une immense terrasse comme on en retrouve dans certaines places publiques en Europe.

La rue Willow serait fermée à la circulation automobile et deviendrait elle-aussi une multiterrasse pour les établissements qui y ont pignon sur rue. Enfin, la moitié des rues Tamarac et Mercier serait réservée au Chenapan, à la Pointe à Bernard et au 462 Tamarac tandis que l’autre moitié permettrait la circulation automobile à sens unique. Sur la Promenade du Saint-Maurice, la Cité d’Angkor pourrait elle aussi utiliser le trottoir devant son restaurant pour desservir sa clientèle.

«Ça pourrait être du jeudi au dimanche par exemple, des mois de juin à octobre. La situation est exceptionnelle et ça demande une réponse exceptionnelle de la Régie», explique Claude Villemure qui a mené ce dossier de front avec Gena Déziel, directrice générale de la SDC de Trois-Rivières.

Il s’agit d’une première étape et d’autres secteurs commerciaux de la ville, comme l’Avenue de Grand-Mère, le Chemin de Sainte-Flore et la 105e rue, pourraient bénéficier des privilèges similaires.

En fait, initialement, la même demande avait été adressée quelques semaines plus tôt par l’Association Restauration Québec (ARQ) mais s’était quelque peu perdue dans les bruits des annonces et réclamations issues de l’ère COVID-19.

«Notre initiative se démarque parce qu’on travaille le dossier directement avec la RACJ et en concertation avec les villes de Shawinigan et Trois-Rivières. On a interpellé aussi le ministre du Travail Jean Boulet qu’on a la chance d’avoir dans la région. J’ai déjà été propriétaire de trois restaurants et la Régie sait que je comprends ce qui est possible et ce qui ne l’est pas», ajoute Claude Villemure.

Lorsque la RACJ donnera sa bénédiction, le maire Michel Angers, qui siège au CA de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), ira le présenter à ses pairs. «C’est un projet-pilote qui pourra être ensuite uniformisé à travers la province. C’est vraiment le résultat d’un beau travail d’équipe régional entre les gens d’affaires de Shawinigan et de Trois-Rivières et entre les maires Michel Angers et Jean Lamarche», termine Claude Villemure.

Claude Villemure, la bougie d’allumage

Lorsque les terrasses des cafés et bistros déborderont sur les trottoirs et les rues cet été, il faudra lever son premier verre à la détermination de Claude Villemure qui aura été la bougie d’allumage du projet.

Très présent sur les médias sociaux et souvent sollicité par les journalistes, l’homme d’affaires doit régulièrement se défendre auprès de ses détracteurs d’entretenir des ambitions politiques, lui qui avait été un candidat malheureux à la mairie de Shawinigan en 2009 contre l’éventuel vainqueur, un certain Michel Angers.

«J’entretiens de très bonnes relations avec le maire. On a appris à travailler ensemble en 2014 lors de la campagne <@Ri>Shawinigan, on se tient debout<@$p> lors de la fermeture de la Laurentide», rappelle le propriétaire de Caméléon Solutions intégrées.

«Je suis très bien où je suis. J’aime ma ville, les gens d’affaires dans ma ville. Je n’ai aucune ambition de devenir politicien même si je m’intéresse à la politique. Je préfère être un bon bénévole», assurait-il encore sur son compte Facebook le 21 mai dernier.

Depuis le début de la pandémie à la mi-mars, Claude Villemure est passé à la vitesse supérieure quant à son implication. «Cela a commencé quand les restaurateurs ont commencé à m’appeler. Certains étaient découragés. Je les ai aidés à remplir les papiers pour être éligibles aux aides financières. Luc Arvisais a ensuite pris contact avec moi pour que je fasse le lien entre la Ville et les commerçants. C’est rendu que je parle quasiment à tous les jours avec Gabriel Beaudry-Soucy, un membre du Service de développement économique de la Ville.»

Le président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville s’est aussi fait un devoir de visiter des commerces dans les différents secteurs de la Ville et d’en faire la promotion sur sa page Facebook qui compte plus de 600 amis. «J’ai fait une publication sur Dubuc Fruits et Légumes à Saint-Georges-de-Champlain. Quelques jours plus tard, le propriétaire m’a appelé pour me dire qu’il ne fournissait plus à la demande. Ça m’a permis de constater qu’il y a plusieurs Shawiniganais qui ne connaissent pas les commerces dans leur propre ville.»

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isabelle st-cyr
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isabelle st-cyr

Bravo!

Véronique
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Véronique

Ça va me faire drôle de pouvoir boire un breuvage sur une table installée au beau milieu de la rue. Ce sera sûrement plaisant et l’expérience pourrait continuer dans le futur. Une marque de commerce de notre magnifique centre-ville shawiniganais que j’aime d’amour