L’industrie 4.0 arrive dans la région

L’industrie 4.0 arrive dans la région

Georges Abdul-Nour, professeur au Département de génie industriel de l'UQTR.

Crédit photo : (Photo L'Hebdo - Audrey Leblanc)

INNOVATION. Concept bien connu des entreprises de classe mondiale, l’industrie 4.0 fait tranquillement sa place dans les PME de la région.

L’industrie 4.0, qu’est-ce que ça mange en hiver? En fait, une entreprise que l’on qualifie de 4.0, c’est une entreprise capable de produire, collecter et traiter de l’information sur sa productivité, et ce, en temps réel.

Dans une entreprise 4.0, les différentes étapes de la chaîne de production communiquent entre elles. On appelle ce partage d’informations en temps réel la connectivité. C’est ça, le fameux 4.0.

Par exemple, une entreprise qui fabrique des camions en jouet voit tout de suite qu’elle en a fait 30 de moins qu’à l’habitude dans l’heure qui vient de passer plutôt que de le constater à la fin de la journée, voire à la fin de la semaine.

Avec la connectivité, on peut prendre conscience de la situation en temps réel et réagir rapidement pour toujours être le plus productif possible. Et qui dit productivité dit aussi intégration des marchés mondiaux.

Rester en vie

L’industrie 4.0, c’est donc la production de masse, mais personnalisée en fonction de ce que le client veut.

«Le modèle d’affaires change. Aujourd’hui, on vend une solution à un problème au lieu de vendre un même produit bon pour plusieurs. Ce que les gens recherchent, c’est le sur mesure», explique Georges Abdul-Nour, professeur au Département de génie industriel de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Et tout est une question de rapidité, croit-il. «Pour être un joueur sur le marché, ça prend la connectivité. L’enjeu est grand, mais l’avantage, c’est de rester en vie.» Comme tout se fait en temps réel, le gros défi, c’est la récolte et le traitement des données.

Pour ce faire, l’entreprise en question doit avoir numérisé les différentes étapes de sa production. «Pour passer au 4.0, une entreprise doit avoir un système de production flexible et repenser sa configuration, soutient M. Abdul-Nour. L’idée, c’est d’aménager les lieux pour être le plus efficace possible. Il faut revoir la ligne de production et déplacer des machines au besoin. Il faut aussi que la numérisation de l’entreprise soit au point.»

Une implantation tardive

Au Québec, l’industrie 4.0 tarde à s’installer. C’est du moins ce que constate le professeur à l’UQTR. «Du point de vue de la maturité numérique, on est encore un peu en retard, remarque-t-il. C’est pour ça que l’industrie 4.0 n’est pas encore très présente. Il faut absolument que la numérisation soit efficace avant d’intégrer la connectivité.»

De plus en plus, les PME de la région s’intéressent à l’industrie 4.0. L’entreprise Rovibec située sur la Rive-Sud est l’une d’entre elles.

«Ça peut être très utile pour les entreprises manufacturières, indique M. Abdul-Nour. En Ontario et aux États-Unis, c’est commun. On le voit aussi beaucoup dans le secteur de l’automobile. Au Québec, on a la volonté de le faire, mais on n’est pas tout à fait rendu là.»

Bien sûr, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Les PME n’ont souvent pas les ressources financières pour faire le virage 4.0. Georges Abdul-Nour soulève aussi le manque d’entreprises dans la région qui offrent leurs services pour aider les PME à devenir 4.0.

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