Louise Lacoursière met le point final à sa saga historique

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Par Marie-Eve B. Alarie
Louise Lacoursière met le point final à sa saga historique
L’auteure Louise Lacoursière vient de clore la saga de l’univers de La Saline avec «Shawinigan Falls», en librairie depuis le 9 septembre. (Photo : Marie-Eve Alarie)

CULTURE. 2500 pages et sept romans plus tard, l’auteure Louise Lacoursière vient de mettre le point final à la saga de La Saline. Shawinigan Falls est la dernière occasion pour les lecteurs de renouer avec le Dr Antoine Peltier, Marie-Louise et les autres après une dizaine d’années à les côtoyer sous la plume de l’auteure trifluvienne.

Cette fois-ci, on suit Marie-Louise, la fille du Dr Peltier, en 1910, alors qu’elle travaille au cabinet de son père. Elle fréquente Charles Adam, employé à la source de La Saline, l’hôtel prestigieux qui a fermé ses portes en 1899 et sur le site duquel on extrait quotidiennement des centaines de litres d’eau gazeuse vendue dans tout le Québec.

Mais Antoine Peltier ne voit pas d’un bon œil cette fréquentation, surtout qu’il connaît les activités illicites du jeune homme. Néanmoins, cela ne diminue en rien la volonté de Marie-Louise de l’épouser pour le meilleur et pour le pire. Et elle connaîtra le pire.

L’écriture de ce roman lui a également donné l’occasion d’explorer des zones d’ombre et d’écrire un premier personnage méchant. «Je voulais exploiter un personnage avec une âme noire. Charles Adam est foncièrement méchant même s’il est séduisant et gentil en apparence. C’est Loulou qui va découvrir ça à sa stupéfaction», raconte-t-elle.

L’exercice l’a forcée à se mettre dans la tête du personnage. «Ça brasse des émotions, forcément, lance Louise Lacoursière. Il fallait aussi que je dose parce que je ne voulais pas tomber dans la caricature. L’une des raisons qui m’ont poussée à écrire ce roman est d’avoir la chance de bien expliquer le cycle de la violence conjugale.»

Ce n’est pas un monde qui lui était totalement étranger puisqu’elle a siégé pendant une vingtaine d’années sur le conseil d’administration de la maison Le FAR qui vient en aide aux femmes éprouvant des difficultés personnelles, familiales, conjugales ou étant victimes de violence ainsi qu’aux enfants qui les accompagnent.

«À chaque réunion, on nous remettait un cas. Je les avais accumulés. Avant de commencer La Saline, je voulais écrire un thriller psychologique avec la violence conjugale au cœur de l’histoire. Je voulais que ce soit une femme forte, instruite et volontaire qui se retrouve prise dans les mailles de la violence conjugale, car c’est faux de penser que ce sont seulement des femmes plus faibles ou qui ont moins d’estime d’elle-même», explique Louise Lacoursière.

«L’ancienne directrice générale de l’organisme m’a aussi outillée, surtout qu’elle avait également travaillé auprès d’hommes violents, poursuit-elle. Elle m’a documentée sur la psychologie des hommes violents. Ç’a été vraiment enrichissant. J’ai voulu démontrer comment Loulou s’est retrouvée prise dans cette toile d’araignée. Ce roman me donne aussi  ce privilège de rendre hommage aux femmes qui tendent la main. Car Loulou a des proches qui lui viendront en aide.»

En trame de fond de l’histoire, Shawinigan est en plein essor industriel, quelques années après sa fondation.

«Alors que je cherchais encore une époque et un lieu pour ce roman, j’ai réalisé, à l’occasion d’une activité à Shawinigan, que dans l’univers de La Saline, j’avais parlé de Londres, Paris, Saint-Léon-le-Grand, New York, Trois-Rivières…mais pas de ma ville natale. Je souhaitais montrer comme Shawinigan a été un phare à cette époque industrielle», souligne-t-elle.

Dans les coulisses d’Anne Stillman

Louise Lacoursière savait depuis longtemps que Shawinigan Falls viendrait clôturer la saga historique. Il était temps de tourner la page. «Je suis rendue là. J’ai eu un peu de peine, c’est certain. J’ai l’impression que ces personnages font partie de ma famille. Ils vont continuer de vivre en moi, mais leurs histoires ne seront plus écrites», confie-t-elle.

Le fait de clore la saga avec le personnage de Marie-Louise, qu’elle a fait naître dans l’histoire, est également une belle façon de boucler la boucle.

Maintenant que le livre est publié, elle profite de cette période plus tranquille pour lire.

Le projet de série télévisée sur la saga Anne Stillman a été mis sur pause en raison de la pandémie de COVID-19. «Ce n’est pas annulé, mais comme c’est un projet international et que c’est compliqué pour l’instant, on ne sait pas quand ça reprendra précisément», note-t-elle.

Toutefois, avec ce projet qui s’amenait, l’auteure s’est replongée dans les notes qu’elle avait recueillies avant d’écrire la saga Anne Stillman. «J’ai eu le goût de raconter les coulisses d’Ann Stillman. J’étais allée dans 40 centres de recherche dans quatre pays et réalisé 120 entrevues enregistrées et transcrites. J’ai aussi pris de nombreuses photos et des vidéos pendant mes recherches. Ça m’a rappelé de si bons souvenirs! Je veux expliquer d’où est venue l’idée première. Pourquoi cette fin. Et tant de choses», explique-t-elle.

Louise Lacoursière a pour projet de publier ce livre au moment de la sortie de la série télévisée. Elle travaille également sur une réédition de la saga selon les scènes qui seront conservées dans la série télévisée.

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