Michel Boucher: profession dépisteur des Canadiens

Par Martin Sylvestre

Dans la carrière d’un jeune hockeyeur qui aspire à la Ligue nationale de hockey (LNH), un des moments les plus cruciaux est sans contredit l’étape du repêchage. Mis à part les joueurs qui attendent cet instant avec impatience, c’est également pour les dépisteurs l’aboutissement de plusieurs heures de travail.

Dans le cadre des événements présentés au cours du centenaire des Canadiens, c’est à Montréal qu’aura lieu le repêchage 2009 de la LNH vendredi et samedi. À quelques jours de ce moment important pour les jeunes joueurs et les 30 formations du circuit Bettman, Michel Boucher, dépisteur à temps partiel du tricolore au Québec et dans les Maritimes a dévoilé quelques-unes des ficelles de son métier. «Le travail d’un dépisteur régional c’est d’identifier deux ans avant le repêchage quels sont les joueurs dans notre région qui seront potentiellement réclamés. Il faut également leur donner une projection en chiffres ou en lettres (A, B, C, D, E) comme un bulletin à l’école. Par exemple, les "A" sont des joueurs de franchise et les "E" n’ont pas les ressources pour jouer dans la LNH. Toutefois, si un joueur est de petit gabarit, on peut mettre un astérisque au côté de son nom pour voir s’il se développera davantage. On utilise cette méthode de notation, car entre deux et quatre personnes par équipe sont chargées de faire le tour du monde et comparer les joueurs à l’ensemble de la planète. C’est important, car ça passe vite une saison de hockey», expose le directeur général du Collège Marie-de-l’Incarnation.

La carrière de dépisteur

Michel Boucher roule sa bosse depuis déjà un bon moment dans le monde du dépistage de talents de joueur de hockey. À l’emploi des Canadiens depuis maintenant quatre ans, il a auparavant occupé la fonction de dépisteur régional des Kings de Los Angeles pendant six ans et a passé neuf ans a évalué les jeunes prodiges pour des clubs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. «J’ai commencé dans le dépistage de joueur de hockey dès que j’ai terminé mon passage avec les Draveurs de Trois-Rivières», fait-il savoir.

Dans le concret

Au sein de la population, plusieurs croient que le travail d’un dépisteur au hockey professionnel se limite à la saison qui s’échelonne de septembre à avril et se termine lors du repêchage. Selon Michel Boucher, cette croyance est une utopie puisque c’est un travail continuel. «Nous ciblons les joueurs deux à trois ans avant le repêchage afin d’avoir une bonne idée du potentiel et donner des munitions à Bob Gainey pour conclure des échanges. C’est de la planification à long terme. Moi et Denis Morel, l’autre dépisteur des Canadiens au Québec, faisons plusieurs entrevues avec les joueurs, leur famille et leurs entraîneurs. De cette façon, nous sommes prêts lorsque vient le temps de répondre aux questions et de vendre le joueur à notre équipe puisque mon travail n’est pas de faire la composition de la dernière liste. Pour un dépisteur, la journée du dépistage n’est pas plus excitante qu’une autre. Notre travail est fait et on est prêt à passer à la prochaine étape», fait part l’homme de hockey. Avec près de 100 parties de hockey vues par année et la rédaction de nombreux rapports, les week-ends de l’hiver de Michel Boucher sont assez remplis. Ce dernier, se déplace également pour observer le camp d’entraînement de l’équipe du Québec des moins de 17 ans et le Championnat mondial de cette catégorie d’âge. «Dans cette compétition, on peut voir les meilleurs de chaque endroit, dans la même tranche d’âge. C’est un bon indicatif pour savoir ce qu’ils peuvent faire sous pression», communique-t-il. Vendredi, les Canadiens parleront au 18e rang lors de l’encan de la LNH. À ce moment, peut être que Trevor Timmins et son équipe sélectionneront un Québécois ciblé par Michel Boucher ou Denis Morel? Seul l’avenir nous le dira.

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