Ingénieurs du gouvernement: des journées de grève envisagées

Alors qu’ils constatent une «impasse totale» dans leur négociation avec Québec, les ingénieurs qui travaillent pour le gouvernement envisagent de recourir à des moyens de pression incluant des journées de grève.

La teneur précise du mandat n’est pas encore arrêtée. Les quelque 1900 membres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) seront bientôt consultés à ce sujet.

La convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles du front commun du secteur public.

Le président de l’APIGQ rapporte avoir demandé une rencontre avec la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, pour tenter de dénouer l’impasse, en vain. La ministre estime que le comité de négociations a tout ce qu’il faut en main pour régler avec le syndicat — un des rares à n’avoir toujours pas réglé avec Québec.

«Depuis votre premier dépôt, le 19 décembre 2023, 57 rencontres de négociation ont été tenues, ainsi que 6 séances de médiation. Les équipes disposent des pleins mandats pour trouver une voie de passage et nous vous invitons à vous rendre disponibles pour collaborer avec le médiateur», a fait savoir la ministre dans sa réponse adressée au syndicat.

Devant ce qu’il appelle «la fermeture» du gouvernement, le président du syndicat, Marc-André Martin, affirme qu’«on n’a pas le choix d’enclencher d’autres choses».

«C’est sûr que, si on fait des journées de grève, ça ne sera pas pour marcher autour de l’Assemblée nationale. On va aller se promener dans les comtés où il y a des gens qui vont vouloir se représenter aux prochaines élections. Puis, clairement, on va leur faire comprendre que les infrastructures, ce n’est pas à mettre de côté et à prendre à la légère», a lancé M. Martin.

D’éventuelles journées de grève de la part des ingénieurs du gouvernement nuiraient aux chantiers d’infrastructures, qui ont un grand besoin d’entretien.

M. Martin en est conscient. «On est dans une situation, aujourd’hui, où il y a une crise des infrastructures. On est au premier chef de cette crise-là. On est les gens qui gèrent les infrastructures. On sait ce qui se passe. On est en pleine crise des infrastructures. Tout tombe en morceaux», s’exclame-t-il.

Le litige entre les parties porte sur le télétravail, l’aménagement des bureaux et une «enveloppe sectorielle», destinée à des avantages spécifiques. Celle-ci a permis à certains groupes d’aller au-delà de l’enveloppe salariale de 17,4 % d’augmentations sur cinq ans qui a été accordée, de façon générale, aux employés de l’État, soutient M, Martin.

Le Conseil du trésor affirme offrir les mêmes paramètres aux ingénieurs que ce qui a été offert aux autres employés de l’État. «Dans le cadre de la négociation, il importe de souligner que les mesures monétaires qui vous sont accessibles sont comparables à l’enveloppe monétaire applicable aux autres groupes généraux des secteurs public et parapublic. Toutefois, je me dois également de préciser que la hauteur de vos demandes est largement supérieure à cette enveloppe et que l’équité entre les groupes doit être respectée», a répondu la ministre dans sa lettre au président de l’APIGQ.

La ministre Duranceau s’est dite «pleinement consciente de l’importance du travail des ingénieurs œuvrant au sein de l’État, tant pour le maintien des actifs que pour les projets structurants qui contribuent au développement du Québec».