La troisième voie autonomiste va survivre à la CAQ et prospérer, croit Éric Duhaime

QUÉBEC — Le chef conservateur Éric Duhaime promet d’incarner la troisième voie autonomiste suite au départ de François Legault, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) est menacée de disparition.

Cette troisième voie — à mi-chemin entre le fédéralisme et l’indépendantisme — va survivre à la CAQ et même prospérer car elle demeure l’option préférée des Québécois, selon lui.

Pour appuyer ses dires, M. Duhaime a présenté mercredi, lors d’un point de presse à Québec, un sondage qu’il a commandé à la firme Pallas Data.

Ce sondage suggère que 43 % des Québécois souhaitent plus d’autonomie à l’intérieur du Canada, contre 20 % qui sont pour le statu quo et 16 % pour l’indépendance.

Par ailleurs, l’idée d’une loi sur l’autonomie du Québec plairait à 57 % des répondants, alors que 64 % voudraient voir le Québec forger davantage d’alliances avec d’autres provinces.

Des mesures «autonomistes» comme le rapport d’impôt unique et l’adoption d’une constitution du Québec auraient aussi la cote.

«La voie autonomiste est la bonne. Sur tous les enjeux, les Québécois sont au rendez-vous. Malheureusement, on n’a pas su (…) dégager un rapport de force à l’avantage du Québec», a analysé M. Duhaime.

Une approche plus musclée

Il accuse le premier ministre sortant François Legault d’avoir «gaspillé» la forte majorité qu’il a obtenue en 2022.

«Envoyer des lettres qui finissent dans la déchiqueteuse de Justin Trudeau, on peut dire que ça a été un échec», a-t-il râlé, mercredi.

Qui plus est, M. Legault n’a jamais fait de «grandes tournées au Canada anglais», ni «joué un rôle prédominant» au sein du Conseil de la fédération, déplore le chef conservateur.

«Il a manqué d’intérêt. (…) Ça ne faisait pas partie de ses priorités», note-t-il.

S’il prenait le pouvoir, Éric Duhaime adopterait une position «beaucoup plus musclée». Comme Danielle Smith en Alberta, il contesterait «systématiquement» les ingérences du gouvernement fédéral devant les tribunaux.

«Comment ça se fait que M. Legault n’a pas réussi à faire des alliances avec Mme Smith et (le premier ministre de la Saskatchewan) Scott Moe, qui ont été très autonomistes, qui eux ont fait des gains?» demande-t-il.

En entrevue à Radio-Canada mardi, M. Legault s’est dit «déçu» des Québécois qui n’ont pas suivi sa recommandation de voter pour le Parti conservateur du Canada en 2021.

Ce parti décentralisateur, qui était dirigé à l’époque par Erin O’Toole, aurait permis au Québec de faire des gains notamment en matière d’immigration, a-t-il plaidé.

Ce ne sont pas les électeurs qui sont à blâmer, a riposté M. Duhaime, mercredi.

«Aujourd’hui, pointer du doigt les électeurs et dire que c’est à cause des électeurs que M. Legault n’a pas eu de gains, je trouve que c’est un raccourci assez simple», a-t-il pesté.

Si des élections provinciales avaient lieu aujourd’hui, la CAQ n’obtiendrait que 9 % des appuis, selon le plus récent sondage Léger-Québecor. En 2022, elle avait récolté 41 % des suffrages.

De son côté, le Parti conservateur du Québec (PCQ) poursuit son ascension, récoltant désormais 15 % des intentions de vote, selon Léger.

Le sondage Pallas Data qu’a commandé le PCQ a été réalisé du 1er au 3 avril auprès de 1002 adultes québécois. La marge d’erreur est de plus ou moins 3,1 %, à un niveau de confiance de 95 %.