Place à la 3e journée de l’écoute

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Par Jonathan Cossette
Place à la 3e journée de l’écoute
Véronique Pinard est adjointe à Tel-Écoute Trois-Rivières (Photo : Jonathan Cossette)

AIDE. La troisième journée de l’écoute aura lieu ce samedi 24 octobre sous le thème «Osez… lignedecoute.ca». Dans le contexte actuel où la pandémie entraîne des mises à pied, de la solitude et de l’anxiété, le service Tel-Écoute Trois-Rivières gagne à être davantage connu.

Au total, ce sont 23 centres d’écoute de l’Association des centres d’écoute téléphonique du Québec (ACETDQ) qui participeront à ladite journée d’écoute offerte dans une programmation virtuelle qui s’achèvera par le lancement du site lignedecoute.ca.

«Les centres d’aide et d’écoute de l’Association (des centres d’écoute téléphonique du Québec) s’unissent cette journée-là pour promouvoir l’écoute, mais aussi la valeur de l’écoute dans la population entre monsieur et madame tout le monde», explique d’emblée Véronique Pinard, adjointe à Tel-Écoute Trois-Rivières.

«C’est la journée parfaite pour prendre le temps d’écouter un proche, sans nécessairement le conseiller, mais en essayant de comprendre ce que la personne vit. C’est d’ailleurs ce qu’on fait à notre ligne d’écoute. On reçoit les gens avec bienveillance dans ce qu’il vive en essayant de les comprendre sans jugement. De se sentir compris fait vraiment du bien!»

Tel-Écoute Trois-Rivières compte deux employés et une trentaine de bénévoles à l’écoute. Le service dessert la grande région de la Mauricie/Centre-du-Québec et rappelons que plus de 2000 appels sont logés annuellement à Tel-Écoute Trois-Rivières.

«On aimerait vraiment que la ligne soit davantage connue parce qu’il y a probablement des gens qui se sentent en détresse présentement ou qui se sentent seuls, mais qui ne savent pas que ça existe. La phrase clé cette année, c’est osez la ligne d’écoute, mais peut-être que des gens ont cette barrière de l’appel de la première fois. Il faut leur rappeler que c’est anonyme et 100% confidentiel. Nos bénévoles sont très bien formés et on les aide à cultiver leur savoir-être et leur capacité d’être présents sans juger, ni conseiller», ajoute Mme Pinard.

«On aide les gens à maintenir un équilibre psychologique. Juste le fait de pouvoir avoir un contact humain, une fois par jour, leur fait du bien. Pour certaines personnes, ça peut être rare de recevoir une écoute bienveillante alors ils viennent la chercher ici et ça leur fait du bien. Parfois, ils ne font que raconter leur journée alors ils n’appellent pas nécessairement pour parler de leurs problèmes.»

L’effet COVID-19

Qui dit COVID-19 dit perte d’emploi ou mise à pied temporaire, isolement et anxiété. Les bénévoles de Tel-Écoute sont au premier rang pour en faire le triste constat.

«Nous recevons beaucoup d’appels de gens qui sont seuls et qui n’ont pas de personne de confiance dans leur entourage qui peut les écouter. On a aussi vu une hausse des appels pendant la première vague alors on se prépare à ça pour la deuxième vague», ajoute Mme Pinard.

«Veut, veut pas, c’est tout le monde qui est affecté par la COVID-19 et on pourrait faire une différence pour des gens confinés. On reçoit des appels de tout âge et on a beaucoup d’appelants réguliers également. On aimerait vraiment aller chercher des personnes qui n’ont jamais appelé et qui auraient besoin de parler, tout simplement.»

À nouveau cette année, le porte-parole régional de Tel-Écoute Trois-Rivières n’est nul autre que le clown humanitaire trifluvien, Guillaume Vermette.

«Guillaume, c’est la bienveillance qu’il a envers les gens et toute sa crédibilité qui impressionnent. Il a l’être humain et le bénévolat de tatoués au cœur. Il a un ADN humanitaire. Il voit tout le bien fait qu’une écoute peut apporter sur le terrain alors il sait ce que les gens de Tel-Écoute apportent comme soutien et réconfort. C’est le meilleur porte-parole qu’on peut avoir», a pour sa part témoigné Chantal Brisson, responsable des services Tel-Écoute et Courrier des Jeunes.

En ce qui a trait à la journée d’écoute, deux conférences grands publics qui permettent de mettre de l’avant l’importance de l’écoute seront disponibles en ligne, soit «Écouter le grand âge», d’Éric Sedent, et «Être bien écouté, pourquoi, comment? Pour les non-initiés de l’écoute», de Robert Bouchard, président et cofondateur du Groupe Conscientia. Toute l’information pour y assister sera disponible sur le site www.lignedecoute.ca, sur la page Facebook de l’ACETDQ ou sur la page Facebook de l’événement de la Journée de l’écoute 2020.

Qu’est-ce que l’écoute active?

L’écoute active, c’est une approche d’intervention non interventionniste. Probablement la plus difficile des approches parce qu’il faut croire que la personne trouvera ses propres solutions, qu’elle fera le chemin par elle-même. Il faut se voir comme un guide et non comme un sauveur. Il faut se débarrasser de la cape du superhéros pour être là en soutien. Il faut ouvrir son cœur et se connecter avec empathie à la personne. Il faut abandonner ses propres jugements, ses cadres de référence et ses objectifs. Il faut croire en la personne. Offrir de l’écoute, c’est croire en l’autre.

 

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