Place St-Maurice: un parfum d’un Grand-Mère d’autrefois

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Par Bernard Lepage
Place St-Maurice: un parfum d’un Grand-Mère d’autrefois
Aperçu de l'Hôtel St-Maurice dans les années 1950 sur la 6e avenue à Grand-Mère. (Photo : courtoisie)

PATRIMOINE.  Propriétaire du site depuis 75 ans, la famille Garceau a vendu dans les dernières semaines l’immeuble Place St-Maurice, sur l’avenue de Grand-Mère.

L’annonce de la transaction a suscité une avalanche de commentaires sur le groupe Facebook Grand-Mère se souvient dédié à promouvoir l’histoire de l’ancienne Ville de Grand-Mère. Et pour cause, l’immeuble qui abritait jusqu’à récemment la Banque Laurentienne a été un haut lieu de la vie nocturne locale du temps de l’Hôtel St-Maurice.

«Mon père était professeur à l’Institut technique de Grand-Mère et il avait décidé de changer de vocation en achetant la bâtisse en 1945 pour en faire un petit hôtel», se rappelle Jean-Guy Garceau.

Homme à l’entregent facile, Louis-Philippe Garceau attire une nouvelle clientèle qui adopte rapidement l’endroit. En 1955, désirant prendre de l’expansion, il acquiert l’immeuble voisin, un magasin de vêtements appartenant à Markus Hanna. «C’est là que c’est devenu un grand hôtel de 40 chambres», poursuit Jean-Guy Garceau.

L’Hôtel St-Maurice abrite alors le restaurant Chez Tonio, un bar-salon, une taverne, une salle de réception et même un salon de barbier. «À l’époque de la construction de la machine no 10 à la Consol, ça marchait comme ce n’était pas possible», raconte l’homme d’affaires à la retraite. Tous les grands artistes de l’époque venaient y présenter leur spectacle: Ginette Reno, La Poune, Guilda, Willie Lamothe, etc.

En 1972, les frères Jean-Guy et Paul Garceau prennent la relève de leur père. «Notre taverne était beaucoup réputée pour appuyer les équipes sportives de Grand-Mère mais aussi de Saint-Tite et de Sainte-Thècle. Et on était aussi une famille impliquée. Moi, j’ai été président du regroupement des hôtels et tavernes, de l’association des gens d’affaires de Grand-Mère et même président du Parti conservateur du comté de Saint-Maurice. Mon frère Paul avait lancé la fondation Un autre pas vers l’espoir qui a amassé des dizaines de milliers de dollars pour l’hôpital de Grand-Mère.»

Le 1er janvier 1980, c’est le drame alors qu’un incendie détruit l’Hôtel St-Maurice. «C’est arrivé le même jour que l’incendie de Chapais mais ici, il n’y a eu heureusement aucun décès», se rappelle Jean-Guy Garceau. Les deux frères avaient à l’origine l’idée de reconstruire leur établissement hôtelier mais devant des complications avec la Ville de Grand-Mère, ils y renoncent pour ne conserver qu’une partie du rez-de-chaussée rebaptisée Place St-Maurice et qui accueillera au fil des ans de nombreux commerces: Centre Multi-Beauté, Maxi-Forme, Liquidation Gemma, Dixie Lee, Ordi Express, Décoration Pierre, Banque Laurentienne, etc.

«Il y a trois générations de Grand-Mérois qui sont passés par ici, évoque Jean-Guy Garceau. Je pense qu’il s’est fait plus de papier dans la taverne qu’au moulin à papier. Quand il y avait le changement de chiffres à 8h, la taverne se remplissait. Ils continuaient à faire du papier…»

 

 

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