Précieuse perle cachée dans l’huître

Par Andre Perreault

La région du Centre-de-la-Mauricie regorge de ses habitants qui ont un talent fou, des habiletés inédites, une persévérance sans défaillance, une modestie et un effacement qui les honorent.

Ce sont des créateurs géniaux et des audacieux enthousiastes qui s’ignorent à l’image de nos aïeux, les DRAVEURS, qui ont forgé dans nos gênes notre personnalité passionnée, notre caractère indestructible, notre tempérament combatif, notre droiture et notre loyauté dont nous sommes trop souvent hélas des héritiers inconscients.

Les DRAVEURS, pour la vie des leurs et leur propre survie inventaient des pas de danse d’esquive sur des «pitounes» flottantes agitées par la furie des eaux tumultueuses de la rivière St-Maurice en Haute-Mauricie. À leur ressemblance, notre région pullule de concitoyens bien trempés qui ont fait et font notre fierté collective. Que dire du conteur Fred Pellerin, de l’écrivain jeunesse Bryan Perro, du chanteur Sylvain Cossette, du célèbre peintre Léo Ayotte, du fabricant de canots Moïse Cadorette, des boxeurs Patrice L’Heureux et David Cadieux, du hockeyeur Martin Gélinas, de l’unique Jacques Plante, du légendaire canotier Serge Corbin. Dorénavant, à cette brochette prestigieuse, il faudra ajouter le nom de la mystique peintre Jacline Goulet de Saint-Mathieu-du-Parc.

Surdouée dans l’oubli

Il est vrai que les hommes meurent et que leurs oeuvrent demeurent mais pourquoi attendre que les artistes nous quittent à jamais pour leur donner crédit, affection et reconnaissance.

Jacline Goulet, née le 23 octobre 1936 à Eastbroughtown, est devenue Mauricienne dès l’âge de 5 ans. Elle est détentrice des brevets complémentaire et supérieur d’enseignement, d’un premier baccalauréat en pédagogie avec spécialisation en arts plastiques, d’un deuxième baccalauréat en Beaux-Arts de l’Université de Trois-Rivières. Elle possède un diplôme en arts acquis des professeurs des Beaux-Arts de Montréal. Pendant plus de vingt ans, elle a enseigné son art visuel à des milliers d’élèves à travers tout le Québec par le biais de l’École d’art créateur Jacline Goulet.

Expositions et vernissages

Cette artiste-peintre a fait ses classes par une première exposition solo à Shawinigan alors que la critique disait de ses œuvres qu’elles avaient la transparence du verre de bohème.

En 1977, au niveau international, Jacline Goulet, en exposition solo, a conquis Paris et Biarritz où elle reçut un diplôme d’honneur de ce prestigieux salon d’art pour sa toile «État d’âme». En 1978, du 18 juin au 7 juillet, la galerie d’art new-yorkaise Morin-Miller, de la 57e rue, accueillait ses chefs d’oeuvres parmi des peintres dont la renommée était planétaire.

Bilan de ses créations

Cette femme est tout en fierté, en effacement, en perpétuelle évolution, en constante création, en partage de ses compétences artistiques.

Ses œuvres sont tout en douceur, en transparence, en ravissement et en apaisement de l’âme. Sa production d’artiste-peintre suscite l’émerveillement dans l’inédit et confirme son inimitable imaginaire constamment renouvelé. Ses œuvres sont cristallerie d’apparence, de fines dentelles en superposition de lumière rayonnantes et d’ombrages apaisants. Ses toiles sont des chefs d’œuvres de matérialisation de l’énergie divine.

Le bilan de son œuvre se veut philanthropique et la douceur de son coup de pinceau est tout simplement mystique. Elle produit des toiles qui font du bien à l’âme, des toiles qui soulagent et guérissent les états d’âme névrotiques. Pour Jacline Goulet, son art visuel ne saurait être un passe-temps mais une prière pour peintres laborieux. Si l’essentiel de l’arbre n’est pas le fruit mais la graine, l’essentiel de l’artiste peintre n’est pas la toile mais le don de ses habiletés créatrices qui suscite la contemplation.

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