Les propriétaires de puits privés sensibilisés à la qualité de leur eau

Les propriétaires de puits privés sensibilisés à la qualité de leur eau
Stéphanie Dufresne, coordonnatrice du projet au Bassin Versant Saint-Maurice. (Photo : Patrick Vaillancourt)

ENVIRONNEMENT. L’eau est une ressource aussi précieuse que vitale. Encore faut-il que celle-ci soit de bonne qualité et non contaminée. À cet effet, les organismes de bassins versants (OBV) de la Mauricie souhaitent sensibiliser les propriétaires de puits privés de la région avec un tout nouveau projet prévu pour se dérouler sur une période de trois ans.

Le projet Qualité de l’eau des puits privés de la Mauricie consiste à éduquer et accompagner les propriétaires de puits privés de la Mauricie à une meilleure gestion de leurs puits. «On s’attend à rencontrer entre 250 et 300 propriétaires de puits privés par année. Les gens doivent s’inscrire pour participer au projet. On fait une visite à domicile et elle permet d’informer les propriétaires sur les bonnes pratiques à adopter pour s’assurer d’avoir une eau potable de bonne qualité. Le projet inclut une analyse gratuite de l’eau du puits de leur résidence», commente Stéphanie Dufresne, coordonnatrice du projet au Bassin Versant Saint-Maurice (BVSM). C’est d’ailleurs l’organisme qui se chargera d’acheminer les échantillons d’eau aux laboratoires accrédités. Ces analyses d’eau permettent de repérer la présence des chlorures, des nitrates, de microorganismes ou de coliformes fécaux, par exemple.

Des analyses d’eau sont recommandées au moins deux fois par année, mais rares sont les propriétaires qui suivent cette recommandation à la lettre, admet le BVSM, porteur du projet en 2018.

Contamination des puits
Entre 2009 et 2013, une caractérisation hydrogéologique réalisée par des chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a révélé que près de 40 % des puits domestiques du sud-ouest de la Mauricie ne respectaient pas les normes en ce qui a trait à la contamination bactériologique. Les répercussions sur la santé des citoyens de la région peuvent être importantes et c’est ce qui préoccupe les responsables du projet.

«Les gens ne sont pas nécessairement conscientisés à l’importance de faire des analyses d’eau régulièrement pour s’assurer de la qualité de l’eau de leur puits. Parfois, ce sont des habitudes ou de l’ignorance de la part des propriétaires qui font que l’eau se contamine. Il y a des puits en mauvais état, il peut y avoir des animaux autour du puits et les déjections peuvent s’infiltrer dans le sol et contaminer l’eau. Les terres agricoles, les pesticides et les fertilisants peuvent aussi avoir un impact. Il y a plusieurs facteurs de contamination et c’est ce qu’on veut regarder avec les gens», ajoute Mme Dufresne.

«Il y a une faible perception du risque lié à l’eau souterraine. Les gens pensent que l’eau souterraine est dans le sol, qu’elle est belle, claire, bonne et qu’elle n’est pas contaminée, mais c’est une mauvaise perception. L’eau contaminée peut quand même être très bonne au goût», précise-t-elle.

Soutien financier et implication locale

Ce projet a récemment obtenu un soutien financier de 99 586 $ provenant du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR). Ce fonds est mis à la disposition des régions pour réaliser des projets mobilisateurs ayant un rayonnement régional.

Au terme de ce projet, les OBV souhaiteraient rédiger un rapport complet avec des recommandations et impliquer davantage les élus municipaux comme étant une porte d’entrée pour bien diriger les citoyens. «Ce n’est pas évident de faire analyser l’eau dans la région, car il n’y a pas aucun laboratoire accrédité en Mauricie. Le citoyen qui veut faire analyser son eau ne sait pas comment s’y prendre et à qui s’adresser. On pense que les municipalités pourraient jouer un rôle là-dedans. Ce serait intéressant de voir à simplifier la démarche pour les citoyens éventuellement», avance Stéphanie Dufresne.
Dans le même ordre d’idées, un guide destiné aux propriétaires de puits privés a été produit et sera remis à chaque participant du projet. Ce guide sera également disponible sur le site Web de l’organisme.

Rappelons que ce projet est le fruit d’une démarche concertée avec de nombreux partenaires, dont par exemple le Bassin Versant Saint-Maurice, l’Organisme de bassins versants des rivières du Loup et des Yamachiche, la Société d’aménagement et de mise en valeur du bassin de la Batiscan, l’Université du Québec à Trois-Rivières, la MRC de Maskinongé et  le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Secteurs visés

Pour cette première année du projet, le Bassin Versant Saint-Maurice invite les propriétaires des puits privés de la Mauricie à s’inscrire au projet qui se déroulera de mai à septembre. Déjà, celui-ci suscite de l’intérêt puisque les inscriptions dans certains secteurs affichent complet. Les municipalités admissibles pour l’été 2018 sont Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Mathieu-du-Parc (complet), Saint-Roch-de-Mékinac, Trois-Rives ainsi que les villes de La Tuque (complet), Shawinigan (excluant le secteur Lac-à-la-Tortue) et Trois-Rivières (secteur Saint-Louis-de-France). Les citoyens des autres municipalités sont toutefois invités à laisser leurs coordonnées en vue des phases 2 et 3 du projet qui sont prévues en 2019 et 2020.

Les inscriptions peuvent se faire via un formulaire disponible sur le site Internet de BVSM au www.bvsm.ca ou par téléphone auprès de la coordonnatrice du programme en composant le 819-731-0521, poste 7. La date limite pour s’inscrire est le 15 mai 2018.

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