Quand Grand-Mère et du Rocher se serrent les coudes

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage
Quand Grand-Mère et du Rocher se serrent les coudes
Noémie (à gauche) et Pénélope Paillé en compagnie de leur nouvelle amie, Clara Leis (au centre). (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

COEUR.  Une vague de solidarité a déferlé la semaine dernière sur la communauté de Grand-Mère et tout particulièrement à l’école secondaire du Rocher suite à un incendie qui a jeté une famille à la rue le 22 février dernier. 

Réunie au restaurant en soirée pour célébrer l’anniversaire de la maman,  la famille Groleau-Paillé est alertée à la fin du repas que leur maison à Sainte-Flore est la proie des flammes.

Quelques heures plus tard, vers 4h du matin, la maman Catherine Groleau lance un message sur Facebook. «Hier, c’était mon anniversaire. Nous sommes allés souper au resto toute notre petite famille pour me fêter. À la fin du repas, quand nous avons repris nos cellulaires, nous avons appris que notre maison était en feu… Nous sommes maintenant à la rue mon mari, nos deux adolescentes, une étudiante allemande en échange chez-nous, notre petit chihuahua et moi. Nous avons besoin de nous loger rapidement. Si vous avez une maison à louer ou un grand appartement dans le coin de Ste-Flore, Grand-Mère, Lac-à-la-Tortue à louer pour quelques mois, nous vous en serions très reconnaissants. Inutile de vous préciser que nous sommes tous sous le choc.»

«Ça fait chaud au cœur»

Dès le samedi, toute une chaîne de solidarité se met en branle pour venir en aide aux parents et aux jeunes enfants: Noémie et Pénélope Paillé et leur nouvelle amie, Clara Leis. Partagé plus de 1000 fois, l’appel à l’aide trouve une résonnance rapidement: une maison leur est trouvée à Lac-à-la-Tortue; Go Sport fourni gracieusement des vêtements de sports aux jeunes filles; le Noël des Nôtres accorde des bons d’achat pour des denrées alimentaires; Meubles Jacob prête de l’ameublement; un vétérinaire prodigue gratuitement les soins au chien affecté par la fumée; des sacs de vêtements, de provisions et même de l’argent sont acheminés à la famille.

Arrivée au début du mois de février, Clara Leis communique en détresse avec sa famille en Allemagne. «Je me suis demandé si je devais retourner chez nous mais la famille m’a bien fait comprendre qu’elle voulait que je reste, explique-t-elle dans un excellent français. Après cette épreuve, je suis encore plus connectée avec eux.»

À l’école, la directrice Nancy Jacob sensibilise dès le lundi matin le personnel et les enseignants à déceler d’éventuels signes de détresse qui pourraient affecter les trois jeunes filles. «Cela fait quatre ans que je suis ici à Du Rocher et j’avais entendu parler qu’à Grand-Mère, le monde se tenait mais là, je le vis intensément. Ça fait chaud au cœur de voir cette solidarité. On a envie de pleurer quand on voit tous ces gens donner.»

À l’approche de la semaine de relâche où la famille prévoyait faire du camping hivernal dans le parc national, plusieurs membres du personnel de l’école apportent leurs propres équipements afin que leur projet soit maintenu. «Maman reçoit beaucoup de messages et d’appels de gens qu’elle ne connait pas, raconte Noémie. À chaque fois, elle pleure tellement elle trouve que les gens sont gentils.»

Cette belle démonstration de générosité envers une famille qui s’implique elle-même dans la communauté – la maman fait notamment du bénévolat au Noël des Nôtres – touche beaucoup les principaux concernés qui ne réalisent pas encore ce qui est arrivé. «C’est beau à voir que le monde essaie de nous aider. Ça fait chaud au cœur. Ça nous aide à surmonter nos émotions», termine Pénélope

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des