Quand la passion du hockey rejoint la médecine

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Par Patrick Vaillancourt
Quand la passion du hockey rejoint la médecine
Daniel Gélinas est l'un des médecins de l'organisation des Cataractes. (Photo : (Photo L'Hebdo - Patrick Vaillancourt))

PORTRAIT. Le médecin Daniel Gélinas détient plus de 30 ans d’expérience en médecine. Il a notamment œuvré à l’urgence de l’hôpital de Shawinigan-Sud pendant 23 ans. Depuis 2006, il s’implique avec les Cataractes de Shawinigan afin d’être de garde pendant les parties en rotation avec d’autres collègues. M. Gélinas raconte comment il en est venu à s’impliquer avec la plus vieille concession de la LHJMQ.

Alors que l’aréna Jacques-Plante était l’endroit des joutes à domicile, c’était Michel Tousignant qui était le médecin de l’équipe. « Il a décidé d’arrêter en 2006. L’organisation a demandé aux médecins qui faisaient de l’urgence de venir couvrir les matchs selon leurs disponibilités. On a toujours été entre 4 et 6 médecins qui couvraient les matchs locaux. On a commencé à l’ancien aréna. Il y a eu plusieurs rotations, certains médecins partaient et d’autres revenaient, mais je suis le seul qui est resté depuis que nous avons cette rotation », raconte le docteur Gélinas.

Cette année, la rotation se fait à trois médecins. Pourquoi avoir tenté l’aventure à l’époque ? « Quand on est à l’urgence, on a plusieurs problèmes musculo-squelettiques. Ça fait partie du quotidien à l’urgence de traiter des plaies, des fractures, des commotions… En fin de compte, d’être ici avec les Cataractes, certains joueurs se blessent et on a l’habitude de réparer des plaies, des luxations de l’épaule… Aussi, c’est le côté plaisant de voir des matchs de hockey. »

Pour le médecin, il doit prendre en compte l’âge des joueurs. « Les joueurs sont très ambitieux, alors quand on les arrête, ils veulent toujours revenir le plus tôt possible, ce qu’on ne voit pas en pratiquant à l’urgence. Bien souvent, le plus loin possible pour une personne, ça fait son affaire », indique-t-il avec un sourire en coin.

Quand il était plus jeune, M. Gélinas jouait au hockey, alors ça lui permet d’allier sa profession avec sa passion. Il indique qu’il peut couvrir entre 15 et 20 matchs locaux par saison.

C’est M. Gélinas qui était là le fameux soir du but d’Anton Zlobin en prolongation en 2012 pour procurer la coupe Memorial aux Cats. « J’étais juste derrière le but, j’avais laissé mes places à d’autres personnes. Ça ne se dit pas l’ambiance qu’il y avait. J’étais à 10 pieds du but, je m’en rappelle comme si c’était hier. »

« Ce qui est le fun, c’est que tu vois progresser les joueurs. Des joueurs comme Beauvillier, Girard, et Bournival qui ont fait la ligue nationale, tu les as côtoyés. C’était beau de les voir jouer dans leur carrière junior », ajoute M. Gélinas.

Bien entendu, le médecin qui couvre les matchs locaux interviendra aussi si un joueur de l’équipe adverse se blesse. « On traite le joueur blessé adverse de la même façon que ceux des Cataractes. Si un joueur subit une commotion cérébrale, on fait nos recommandations au thérapeute de l’autre équipe, ou sinon au médecin de l’autre équipe. Par contre, en séries on suit l’équipe sur la route aussi. On ne veut pas que l’autre équipe connaisse la blessure de notre joueur pendant les séries. »

Avec le jeu physique du hockey et la puissance des lancers, il peut survenir de graves blessures. On peut penser au joueur du Canadien de Montréal Trent McCleary en janvier 2000, qui a subi une fracture du larynx en bloquant un tir, ou Clint -Malarchuk gardien des Sabres de Buffalo qui a eu l’artère de la carotide tranchée par un patin en mars 1989.

Est-ce que le médecin a eu une blessure grave à traiter rapidement pour sauver la vie d’un joueur ? « Heureusement, non. On ne veut pas voir ça. C’est plus des luxations d’épaule que j’ai réduites à froid en replaçant l’épaule. Quand c’est fait rapidement, il y a moins de séquelles et la réhabilitation se fait plus rapidement. »

M. Gélinas pense même continuer après sa retraite, mais le temps le dira. « Honnêtement, ça fait différent de la pratique. En 2015, quand j’ai arrêté l’urgence, j’ai arrêté à cause de la réforme de M. Barrette quand on a été obligé de faire du bureau de soir et de fin de semaine. Il faut faire des choix, après 23 ans à l’urgence j’ai décidé de continuer à faire du bureau. Et je fais ma pratique à mon deuxième bureau avec les Cataractes. Je vais voir, mais je vais -peut-être continuer à ma retraite. »

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