Quand l’art brise l’intolérance

Quand l’art brise l’intolérance

L'artiste Javier A. Escamilla H. et l'intervenant psychosocial, Stéphan Moïse, en compagnie de quatre membres des Impatients de Shawinigan: Danielle G., Céline Chouinard, Geneviève Lamothe et Stéphany Desrosiers.

Crédit photo : (Photo L'Hebdo du Saint-Maurice – Bernard Lepage)

Première exposition des Impatients de Shawinigan au Centre des arts

TOLÉRANCE. Le Centre des arts de Shawinigan (CAS) présente jusqu’à la fin du mois d’octobre une exposition fort originale d’œuvres réalisées par des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Composé de 14 artistes en herbe, le groupe Les Impatients de Shawinigan  se retrouvent depuis quatre mois pour des séances de création, à raison de deux fois par semaine, sous la supervision d’un intervenant social et d’un artiste.

«Le temps de ces ateliers, ces gens ne sont plus des schizophrènes, des bipolaires, des dépressifs. Ils ont des noms», explique Frédéric Palardy, directeur général de l’organisme Les Impatients qui a des antennes en 15 endroits au Québec, dont à Shawinigan depuis juin dernier.

«L’art a la force de briser l’intolérance, explique Javier A. Escamilla H., l’artiste-peintre qui accompagne les participants. Le temps de ces ateliers, ils regagnent confiance en eux et apprennent la tolérance, la patience et l’amour.» Pour ce réfugié politique qui a fui sa Colombie natale, le processus de création devient beaucoup plus important que le résultat dans ces ateliers.

Psychiatre au CIUSSS de la Mauricie – Centre-du-Québec qui est partenaire du projet, Caroline Bell a visité à quelques occasions ces ateliers et a été émerveillée par ce qu’elle a vu. «Des regards pétillants, des sourires spontanés, de l’entrain», a-t-elle énuméré.

Appelée à témoigner de son expérience, Danielle G., 61 ans, se remémorait son appréhension à devoir s’exprimer par l’art, elle qui ne griffonnait que de petits bonhommes allumettes. «Mais ici, on ne me jugeait pas. Le talent n’était pas nécessaire, il suffisait de trouver les bons outils.» De son côté, Geneviève Lamothe, 35 ans, a toujours eu un talent pour les arts mais une suite de dépressions sévères l’ont éloigné de sa passion. «Aujourd’hui, j’ai recommencé à faire de l’art chez moi», a-t-elle confié.

Directeur général de Culture Shawinigan, Bryan Perro était comblé de pouvoir présenter cette exposition. «Parce que l’art et la culture, ça sert aussi au niveau social», a-t-il rappelé.

L’exposition est présentée dans le foyer du CAS jusqu’au 31 octobre. Elle est composée d’œuvres individuelles et collectives sur papier (pastel et acrylique) et de sculptures (fil de fer et papier mâché). Un recueil de micropoèmes inspirés des œuvres a également été conçu. Mentionnons que le projet a bénéficié de l’appui financier de différents partenaires dont la Fondation du SSS de l’Énergie.

 

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