Quand le directeur laisse place au fils

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt
Quand le directeur laisse place au fils
Yves Arseneault s’est confié à l’Hebdo concernant le départ de sa mère. (Photo : l'Hebdo Patrick Vaillancourt)

PARTAGE. Au cours des deux dernières années et demie où le directeur général Yves Arseneault a été en poste à la Maison Aline-Chrétien, plus de 260 personnes ont été accueillies dans cette maison afin de vivre leurs derniers jours. M. Arseneault a livré un vibrant témoignage rempli d’émotion lors de la conférence annonçant la nouvelle directrice Chantal Ouellet, mais il s’est aussi confié à propos d’une personne bien importante dans sa vie.

En avril 2019, la mère de M. Arseneault a poussé son dernier souffle à la Maison Aline-Chrétien. «Ma mère a été accueillie à la Maison Aline-Chrétien le 17 avril, et elle est décédée le 18 avril. Elle est demeurée ici pendant 36 heures. Ç’a été une période importante pour moi, parce que j’étais le seul membre de la famille. Mon père est décédé, ma sœur et mon frère étaient en voyage aux États-Unis. J’ai dû leur annoncer par téléphone que notre mère allait mourir dans les prochaines heures. Ç’a été un moment que j’ai trouvé difficile.»

Bien entendu, le directeur général savait pertinemment que sa mère allait être traitée aux petits oignons à la Maison Aline-Chrétien pour avoir déjà vu les employés et les bénévoles à l’œuvre. «À l’hôpital, ma mère avait une chambre de 10 pieds par 10 pieds, et ici elle avait une grande chambre et elle avait demandé d’être entourée de ses enfants, de ses petits-enfants, et de ses arrière-petits-enfants. Pendant la journée, ils ont pu lui parler, lui tenir la main, lui ont caressé les cheveux. Malgré la soudaineté de la situation, ça nous a aidés d’être à la Maison Aline-Chrétien. J’ai la conviction profonde que ma mère n’a pas été traitée différemment parce c’était la mère du directeur. Ça s’est fait rapidement, mais paisiblement. C’est un milieu extraordinaire! Les mots me manquent pour décrire l’atmosphère qui règne ici.»

Est-ce que la mort de sa mère a remis en perspective certaines choses pour le directeur général ensuite? «Ma sœur ainée est décédée il y a cinq ans, mon père il y a quatre ans, et ma mère il y a près d’un an. Je pense avoir côtoyé la mort de plus près que le commun des mortels qui n’est pas dans le réseau de la santé. C’est un des éléments qui me fait dire que je suis en santé, que ma vie va bien, je sais que la mort peut arriver à 27 ans, 38 ans, 60 ans… Je viens d’avoir 60 ans il y a un mois… profite donc de la vie! Le fait d’avoir fait ce travail et de côtoyer la mort chaque jour, d’avoir mis la maison en place, que ça roule bien… prends don un break pour tenter d’éliminer de ma mémoire la proximité de la mort.»

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires