Quand le «foot» unit les cultures

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Par Patrick Vaillancourt
Quand le «foot» unit les cultures
Max-Clovis Kogouri de la Côte d’Ivoire s’implique bénévolement depuis cette année lors des rencontres amicales de soccer organisées par le SANA Shawinigan. (Photo : l'Hebdo Patrick Vaillancourt)

SPORT. Le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Shawinigan a frappé un but en pleine lucarne il y a quatre ans en organisant des rencontres amicales de soccer une fois par semaine au parc Willie-Robitaille de Shawinigan-Sud à la lumière de la popularité de l’activité.

Si lors de la première année, on retrouvait une vingtaine de joueurs réguliers, il n’est pas rare de voir trois équipes formées cet été lors des rencontres du mercredi soir.

Les participants? Des Shawiniganais, des Québécois, des Français, des Marocains, des Ivoiriens, des Algériens, des Brésiliens se côtoient autour d’une même passion: le foot.

Lors de notre visite mercredi dernier, on pouvait apprécier un bon calibre de jeu dans une ambiance amicale. Un joueur agit comme arbitre le long des lignes de côtés, et gare à celui qui ne place pas le ballon au bon endroit pour tirer un pénalité ou un coup franc, il se le fera dire par tous les joueurs. Parfois, des défis amicaux sont lancés entre joueurs.

Pendant que les joueurs s’éclatent sur le terrain, on peut apercevoir des conjointes avec leurs enfants jouant dans les jeux du parc.

Des amateurs de soccer s’éclatent sur le terrain chaque mercredi.

«Pour nous au Canada, le sport national c’est le hockey, mais partout dans le monde c’est le soccer. L’objectif était de pouvoir offrir un rassemblement pendant l’été pour que les gens puissent se rencontrer, mais aussi pour intégrer des Québécois pour que des liens se tissent, et même entre les différentes cultures, au travers du langage universel du soccer. C’est gratuit et les équipes sont formées sur place», explique Myriam Lortie, agente de développement et de communication au SANA de Shawinigan.

Cet été, l’organisme peut compter sur l’implication d’un bénévole qui voit à trouver les capitaines pour former les équipes, et qui apporte tout le matériel requis.

Max-Clovis Kogouri, originaire de la Côte d’Ivoire, est arrivé à Shawinigan le 1er avril 2016. L’employé de CGI en est à sa troisième année comme participant. «Je me suis impliqué comme bénévole pour redonner au SANA qui m’a beaucoup aidé quand je suis arrivé. C’est le SANA qui m’a permis de trouver une première maison pour ma famille et moi. Ça fait toujours plaisir de pouvoir servir les autres, et je m’implique pour la rencontre entre les différentes cultures. J’ai rencontré un Brésilien, et pour moi le Brésil est ma meilleure équipe au monde, et j’avais promis de le battre. On avait pu gagner et pour rire, je lui disais finalement que le Brésil n’était pas si fort!», raconte le bénévole en riant.

Et c’est le but!

«Le SANA est un bel organisme pour tisser des liens et connaître les différents endroits dans une ville que l’on ne connaît pas, ajoute l’Ivoirien de 44 ans. Il n’existe pas de ressource du genre en Côte d’Ivoire, qui est pourtant un pays qui accueille beaucoup de nouveaux arrivants.»

De son côté, Youssef Midra du Maroc est arrivé à Shawinigan il y a quatre ans. C’est la première année où il joue au soccer dans les matchs du mercredi. Ce sont des collègues de travail à CGI qui lui ont parlé de l’activité. «Je suis un amateur de soccer depuis que je suis tout petit. Ça joue quand même bien et ça permet de tisser des liens avec des gens d’autres cultures. On commence à se connaître de plus en plus les uns et les autres.»

Valentin Amey est né en Suisse, mais il est arrivé au Québec avec ses parents alors qu’il avait six ans. «Ça fait 12 ans que je suis ici quand mes parents ont décidé de changer de vie. En arrivant au Québec, je jouais déjà au hockey et depuis que j’ai 10 ans, j’ai changé pour le soccer. Comme j’ai 18 ans et qu’il n’y a pas de ligue organisée pour les adultes, j’ai vu l’article pour annoncer les parties du mercredi dans l’Hebdo, je me suis dit pourquoi pas! J’ai commencé à connaître différentes personnes et c’est le fun de pouvoir créer des liens avec des gens d’autres cultures.»

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