Quatre chevaux valent-ils mieux que 50 poules?

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Par Bernard Lepage
Quatre chevaux valent-ils mieux que 50 poules?
Avec un conjoint qui travaille dans le Grand Nord, Isabelle Forgues (au centre avec le coq prénommé Elvis) obtenu l'aide d'amis pour libérer ses poules pondeuses: Normand St-Arnaud, Marie-Claude Brière et Albini Horth. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

DANGER. L’effondrement d’une grange abritant une cinquantaine de poules en début de semaine sur le chemin Sainte-Flore a emmené le Service de sécurité incendie de Shawinigan à préciser son mode d’intervention dans ce genre de situation.

Propriétaire de La Poule aux champs, dans le secteur Grand-Mère, Isabelle Forgues, a vu son bâtiment  de ferme s’effondrer lundi 4 février en début de soirée sous le poids de la neige. Une cinquantaine de poules pondeuses biologiques se trouvaient alors emprisonnées à l’intérieur.

Parce que la noirceur s’était installée, ce n’est que le lendemain que Mme Forgues communique avec le Service de sécurité incendie de Shawinigan afin de voir si elle pouvait obtenir de l’aide pour libérer ses poules. «La personne de garde m’a dit: »On ne s’occupe pas des animaux ».»

L’affaire en serait restée là si ce n’eut été que l’agricultrice prend connaissance d’un reportage de L’Hebdo du Saint-Maurice à propos de l’intervention des pompiers de Shawinigan le 31 janvier dans le secteur Grand-Mère pour l’effondrement d’un dôme servant d’écurie et qui abritait quatre chevaux.

Deux poids, deux mesures? Quatre chevaux valent-ils mieux que 50 poules?

Non répond catégoriquement François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie de Shawinigan. «Dans le cas de l’écurie, c’est un passant qui nous a téléphoné parce qu’il venait d’être témoin de l’effondrement de la structure. Personne ne savait s’il y avait quelqu’un à l’intérieur et c’était l’heure où la jeune fille qui s’occupait des chevaux venait les nourrir. Dans ces cas-là, on intervient à coup sûr.» Sur place, les premiers secours perçoivent du mouvement sous la toile tout en ignorant s’il s’agissait des chevaux ou d’une personne. Il s’avèrera finalement que seules des bêtes se trouvent sous la structure.

Dans le cas de la grange à Sainte-Flore, François Lelièvre explique que dès que Mme Forgues certifie que personne ne se trouve sous les débris, les pompiers ne sont pas tenus d’intervenir même si des animaux s’y trouvent.

«En fait, nous pourrions y aller mais dès que nous pénétrons sur le terrain, nous devenons imputables et sommes tenus de sécuriser les lieux. Ça veut dire faire venir un ingénieur pour évaluer le danger que représente la structure, barricader les lieux et éventuellement, ordonner sa démolition. Et cela, tout aux frais du propriétaire.»

Le directeur explique que dès que la propriétaire assure qu’elle interdit l’accès au site et prend contact avec son assureur dans les meilleurs délais, le Service de sécurité incendie n’intervient pas. Dans un cas où ces éléments seraient négligés, il y aurait intervention des autorités.

Et les poules? «Dans un bâtiment qui présente une structure instable, jamais je n’enverrais un pompier risquer sa vie, assure François Lelièvre. Pour qu’on aille chercher les poules, j’aurais ordonné sa démolition auparavant.»

Mercredi en matinée, des amis de l’agricultrice sont venus rescaper les poules pondeuses dans une intervention qui s’est bien déroulée. Là-dessus, le directeur du Service sécurité incendie ne cautionne pas le geste, précisant qu’advenant un accident malheureux, c’est le propriétaire qui en assumerait la responsabilité.

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