Reconstruire ou rénover le Centre des arts?

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Par Bernard Lepage
Reconstruire ou rénover le Centre des arts?
Bryan Perreault a été le premier à évoquer l'urgence de réfléchir sur l'avenir du Centre des arts en avril 2019. Un peu plus d'un an plus tard, la Ville emboîte le pas en donnant son accord à la conception de deux études sur la meilleure option à privilégier. (Photo : Bernard Lepage)

CULTURE. La Ville de Shawinigan procèdera au cours des prochains mois à la réalisation de deux études visant à déterminer si le Centre des arts doit être rénové ou tout simplement reconstruit.

Le comité exécutif a adopté il y a quelques semaines une résolution demandant une aide financière au ministère de la Culture et des Communications dans le but de financer ces études. Il s’agit du premier geste concret dans ce dossier de la part de la Ville depuis que Bryan Perreault en avait lancé l’idée lors d’un déjeuner de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan (CCIS) en avril 2019.

Le directeur général artistique (DGA) de Culture Shawinigan n’a jamais été découragé par l’accueil tiède réservé par les élus à son idée lancée dans la sphère publique sans avertissement. «On a produit des documents et un argumentaire que j’ai été leur présenter pour qu’ils comprennent l’urgence de la chose. De l’extérieur, il a l’air super le Centre des arts, mais entre son apparence et ce qu’il est réellement, il y a une marge.»

Construit en 1967, le centre culturel du boulevard des Hêtres est pratiquement en fin de vie utile selon Bryan Perreault. «Ce n’est pas parce qu’il a été négligé. Il a toujours été bien entretenu, mais c’est comme une voiture qui a 300 000 km au compteur. Il faut bien un jour que tu remplaces plusieurs pièces qui sont usées ou que tu la changes tout simplement.» La dernière fois que l’édifice a été revampé, c’est en 1990 alors que l’ancienne Ville de Shawinigan y avait injecté 5 millions$ pour le remettre au goût du jour.

Des problèmes majeurs

Reconfiguration du balcon à prévoir, salles d’exposition vétustes, édifice non adapté pour les personnes à mobilité réduite, les problèmes sont nombreux et concernent aussi des équipements scéniques qui ne répondent plus aux normes du XXIe siècle.

«Le système de levage qui soutient les éclairages n’est plus adéquat. La dimension de la cage à l’arrière de la scène devrait être agrandie, ce qui est impossible actuellement, car le bâtiment est acculé au pied d’une montagne. Les sorties de prises multimédias ne correspondent plus aux nouvelles technologies actuellement employées dans l’industrie du spectacle», énumère le Shawiniganais.

«Il y a plusieurs shows qu’on ne peut plus recevoir dans le Centre des arts tel qu’il est présentement. Dans le temps, c’était correct, mais plus maintenant», soutient le DGA de Culture Shawinigan. Évidemment, la piscine au sous-sol entraîne aussi son lot d’inconvénients. «Nous, on vit avec de l’eau dans la cave depuis plus de 30 ans, sourit Bryan Perreault. Le système de ventilation de l’édifice est déficient, ce qui fait qu’on travaille avec des odeurs de chlore.»

Le créateur d’Amos Daragon entend rester neutre dans le processus de rédaction des études. «J’ai mon idée, mais je ne la partagerai pas. Regardons de façon professionnelle, comptable et logique les deux options. C’est sûr que c’est grisant de penser à une nouvelle salle, mais peut être que ce n’est pas ça dont on a besoin», réfléchit-il. «Là, il faut décider ce qu’on veut pour asseoir un développement culturel cohérent et pour aller chercher les retombées économiques qui vont avec ça.»

Des modèles pour s’inspirer

Au cours des dernières années, quelques villes québécoises ont évalué l’opportunité de rénover ou de reconstruire leur centre culturel. Tour d’horizon.

Le cas de Drummondville est intéressant puisque comme le Centre des arts, il a été construit en 1967 sur le même modèle que Shawinigan, soit une salle de spectacle assortie d’une piscine.

En 2010, la ville de 68 000 habitants a choisi l’option de rénover la Maison des arts Desjardins Drummondville au coût de 22,7 millions$. Non loin de là, la Ville de Victoriaville, qui n’avait pas de centre culturel digne de ce nom, a investi 23,5 millions$ pour construire le Carré 150 inauguré en 2014. De ce montant, 16 millions$ provenaient de Québec et Ottawa tandis que le secteur privé avait contribué pour 2,5 millions$, laissant aux contribuables victoriavillois une facture de 4 millions$ à éponger.

À Saint-Jérôme, la ville de 69 000 habitants a elle aussi construit un édifice neuf au coût de 25 millions$. Contenant 875 sièges et inauguré en 2018, le Théâtre Gilles Vigneault devait à l’origine coûter 21 millions$. Le projet a bénéficié d’une aide des deux paliers de gouvernement supérieurs de l’ordre de 14,6 millions$.

Enfin, à Mont-Laurier petite ville de près de 14 000 habitants dans la région des Laurentides, l’Espace Théâtre Muni-Spec a été érigé au coût de 16,5 millions$ dont 13,6 millions$ venaient de Québec et Ottawa

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Mike Shawi
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Mike Shawi

je suis d’accord pour reconstruire tout çà!!!…
les arts et le théâtre c’est important dans une communauté…

pour la piscine intérieure,
il y a un beau terrain juste pas loin à côté du Tim Hortons…
ancienne piste de jogging…ce terrain est inutilisé…

salut…