Rentrée scolaire: les directions d’école sur les blocs de départ

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
Rentrée scolaire: les directions d’école sur les blocs de départ
La logistique est différente d’une école à l’autre. (Photo : courtoisie)

ÉDUCATION. Les différentes directions d’école sont au bloc de départ. La rentrée ne sera pas vécue de la même manière à tous les niveaux d’enseignement.

La routine des élèves a été revue et les mesures sanitaires sont en place : la prise de rang, les déplacements dans l’école, le matériel de jeux, la récréation, l’utilisation des instruments de musique. On sait que les écoles primaires sont montées au front au printemps dernier… Les mesures adoptées en matière de santé-sécurité en ont rassuré plusieurs.

«Cette année,  la différence, c’est que les 5e et 6e années auront un couvre-visage » nous dit M. Lemaire directeur du CSSE. « On va être très fermes là-dessus ». Déjà, des circuits ont été tracés dans les écoles pour que les élèves se croisent le moins possible et, dans l’autobus comme en classe, les places seront assignées.

Les rencontres avec les parents et les élèves seront aussi mises sur pause. «La plupart des écoles ont diminué de beaucoup les contacts. On va éviter le plus possible les grands rassemblements. Dans les heures de lunch et services de garde, on va revoir nos façons de travailler».

La logistique est différente d’une école à l’autre, ajoute Denis Lemaire. «Ça va changer les habitudes, amener certains grognements, sans doute. Il n’y aura rien de pareil, on va se le dire».

Les élèves sont-ils prêts? « Quand on a rouvert au printemps avec les tout-petits, pour eux, c’était comme un jeu. Ce sont davantage les adultes qui avaient de la misère à s’habituer à tous les changements. L’ensemble des élèves et des parents ont eu deux mois pour se pratiquer ».

Une distanciation à faire appliquer

Les normes de distanciation seront peut-être difficiles à faire respecter tout le temps, souligne M. Lemaire. Des repères de distanciation sociale marquent les chaussées de cours d’école et les couloirs. Les surveillants et les enseignants vont y voir. Les élèves seront parfois un peu bousculés lors de la pause de 75 minutes du midi. Des groupes mangeront en alternance, là où c’est nécessaire.

Les façons de faire devront être modulées au Centre d’éducation des adultes du Saint-Maurice et au Centre professionnel du Carrefour Formation Mauricie (CFM). Ces deux centres offrent de l’enseignement pratiquement personnalisé, mentionne M. Lemaire. «Des fois, une classe sera séparée en deux en raison du 1,5 m qui doit être observé». Les enseignants devront parfois porter une visière.

Des parents veulent que leurs enfants restent à la maison 

Si les Centres de services scolaires estiment avoir une belle collaboration des parents, d’autres pensent que les mesures sanitaires en place ne suffisent pas à protéger adéquatement enfants et enseignants.  Ils s’inquiètent pour la santé de leurs enfants. Et la leur.

«Les parents sont relativement à l’aise avec les mesures en place», nous dit toutefois Denis Lemaire, directeur du CSSE. Les enfants à risque ou qui vivent avec un parent à risque pourront faire appel à l’enseignement à distance. Les parents seront aussi informés des cas déclarés dans les écoles et les classes. En cas d’éclosion, une école pourra fermer ses portes et basculer vers l’enseignement à distance.

Cela ne suffit pas. De nombreux parents réclament le droit de faire l’école à la maison et l’accès à des cours à distance pour ceux qui le souhaitent. Billet du médecin ou pas. La plaignante, Mme Politimi Karounis revendique l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés qui établit selon elle son droit à la vie et à la sécurité. L’affaire ira jusqu’en Cour, fin août début septembre. La plaignante espère que le tribunal ordonnera au ministère de l’Éducation du Québec et de l’Enseignement supérieur du Québec de permettre à tous les enfants de suivre des cours en ligne, peu importe leurs conditions de santé sous-jacentes. L’avocat Julius Grey a été retenu pour défendre cette cause.

Le gouvernement ontarien se montre d’ailleurs plus souple à cet égard. La rentrée en présentiel y est facultative. On imposera cependant une journée de 5 heures aux jeunes, qui pourront toutefois bénéficier de contacts fréquents avec les enseignants et réintégrer l’enseignement en personne au moment qui leur convient.

Par ailleurs, plusieurs parents s’inquiètent de la mise à niveau de leurs enfants. Le défi du rattrapage scolaire demeure, même si le gouvernement vient d’annoncer 20 M$ supplémentaires. C’est l’équivalent du salaire de 350 professeurs à temps plein. «C’est clair qu’on devra avoir une mise à niveau. Dans quelques semaines, on verra la retombée, sur le terrain, pour nos élèves», affirme M. Lemaire.

Les syndicats partenaires de la rentrée 

La Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec estime que le défi sera de faire respecter toutes les règles mises en place. Le Centre de services scolaire de l’Énergie (CSSE) estime avoir l’entière collaboration des syndicats.

Denis Lemaire doit rencontrer sous peu, les syndicats des enseignants, du personnel de soutien et des professionnels du CSSE.  On a été très transparent. On est vraiment dans une culture de collaboration avec les syndicats», poursuit M. Lemaire.

Le plus gros défi sera celui de la main-d’œuvre. «On est en train de revoir les mesures pour le personnel qui avait des exemptions liées à des situations particulières de santé. La littérature nous dit que certains types de problématiques ne sont pas à risque. C’est sûr que ces gens-là vont devoir revenir au travail. On est chanceux, les employés de l’État, d’avoir un salaire. On doit avoir la prestation de travail qui va avec», dit-il.

Sinon, «n’importe qui peut décider de prendre un congé sans solde…», lance M. Lemaire. Celui-ci se dit confiant de voir une bonne proportion du personnel être de retour au poste en septembre. «Il faut mettre en place des mesures corsées pour soutenir l’enseignement à distance. On est conscient que tous les élèves ne pourront pas être en classe», assure M. Lemaire.

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