Roland Garceau: le parrain de l’entrepreneuriat à Shawinigan

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Par Bernard Lepage
Roland Garceau: le parrain de l’entrepreneuriat à Shawinigan
Dans le bureau de Roland Garceau trône fièrement une affiche du Trou du diable: Rolantide, la bière des bâtisseurs. Les fondateurs de la microbrasserie ont en effet brassé une double IPA en l'honneur de celui qui a été le premier à croire en leur projet. «C'est le plus bel hommage qu'on m'a rendu. Ils ont réussi à me faire pleurer ce jour-là», témoigne le principal intéressé. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

ÉCONOMIE. Vingt-cinq ans à analyser des plans d’affaires, à supporter des entrepreneurs en herbe à concrétiser leur rêve. Lorsqu’il regarde en arrière, Roland Garceau n’est pas peu fier de souligner qu’il a aidé plus de 300 entreprises à démarrer et qui demeurent toujours en activité à ce jour.

Portrait du parrain de l’entrepreneuriat à Shawinigan.

«Je ne suis pas un analyste de ratios», prévient le conseiller en lancement en entreprise du Service de développement économique de la Ville de Shawinigan. «Je suis plutôt hors norme dans le milieu. Bien sûr les chiffres, c’est important, mais c’est un support. En premier, je dois voir la flamme qui brille dans les yeux de la personne devant moi.»

Arrivé en poste en octobre 1994 dans ce qui s’appelait à l’époque la CODICEM (Corporation de développement industriel et commercial du Centre-Mauricie), Roland Garceau a décidé de se spécialiser dès le départ dans le lancement d’entreprises par choix. «Peut-être parce que je comprends ce qu’ils vivent. J’ai moi-même été propriétaire d’une agence de sécurité avant de conseiller les autres», révèle-t-il.

Alors que dans les années 1990 ses services étaient requis pour lancer une boutique ou une ébénisterie, ils le sont aujourd’hui pour des projets reliés aux nouvelles technologies. «Je n’ai pas toujours besoin de comprendre leur projet. Je dois savoir en premier si j’ai un bon entrepreneur devant moi, si ça tient la route, s’il a fait ses devoirs.»

Bon an mal an, Roland Garceau travaille en moyenne sur la mise sur pied de 20 à 30 entreprises.

Le Trou du diable et les autres

Il les chérit toutes comme des filleules adorées, mais la plus belle réussite du parrain de l’entrepreneuriat à ce jour demeure la microbrasserie Le Trou du diable. «Elle a amorcé ses opérations en 2006, mais il faut savoir que le travail a commencé quatre ans auparavant», se rappelle Roland Garceau. «Il n’y a personne qui croyait à ce créneau à l’époque, mais j’avais devant moi des gars qui m’ont convaincu du potentiel de leur projet. Et on voit le résultat aujourd’hui.»

Movex Innovation, Synapse, Planage 2000, Attractif, Rum & Code, Bellemare Express, Cimentier 2BG, MïO Bijoux et plusieurs autres. Autant d’entreprises aujourd’hui en plein essor qui ont passé entre les mains de Roland Garceau alors qu’elles n’existaient encore que sur papier. «Je vois mon rôle comme un support temporaire auprès des entrepreneurs, dit-il. Une fois qu’ils n’ont plus ce support, c’est leur travail qui va décider de leur succès.»

Alors que le pourcentage des entreprises qui réussissent à franchir le cap des cinq ans d’existence ne surpasse pas 30% pour l’ensemble du Québec, ce ratio chez celles qui ont vu le jour grâce à Roland Garceau dépasse presque toujours 50% depuis quinze ans, avec une pointe de 80% pour la cuvée de 2006-2007. «J’ai toujours pensé que les principales qualités d’un entrepreneur, c’est de bien connaître son projet et son marché et être en mesure de le vendre», résume-t-il.

Entrepreneur, un métier à part entière

En 25 ans de carrière, Roland Garceau est bien placé pour contempler tout le chemin parcouru dans ce qu’on appelle le virage entrepreneurial shawiniganais. «Ce n’est pas seulement un concept, c’est bien réel. On voit le résultat aujourd’hui des petites graines qui ont été semées par des organismes comme la communauté entrepreneuriale ou le CJE. Il faut reconnaître le travail réalisé par un gars comme Denis Morin dans les écoles. Aujourd’hui, les jeunes veulent devenir entrepreneur comme d’autres choisissent d’être électriciens ou professeurs. C’est devenu une profession comme une autre.»

Bon an mal an, Roland Garceau travaille en moyenne sur la mise sur pied de 20 à 30 entreprises. «Ça fait 25 ans mais j’ai encore le feu dans les yeux. Je suis encore dans un niveau de passion. Je ne sais pas quand ça va s’éteindre mais pour l’instant, c’est drôlement pas le cas», conclut-il.

 

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