Shawinigan aura sa Maison Gilles-Carle en 2020

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Par Bernard Lepage
Shawinigan aura sa Maison Gilles-Carle en 2020
Sur la photo, on retrouve Réjean Veillette et Sylvie Gervais devant la future Maison Gilles-Carle. (Photo : L'Hebdo - Bernard Lepage)

RÉPIT. Faisant figure de parent pauvre en Mauricie en terme de ressources destinées à supporter les proches aidants, Shawinigan comblera son retard alors qu’un comité provisoire vient d’être crée pour gérer l’implantation d’une Maison Gilles-Carle dont l’ouverture est prévue pour l’été 2020.

La future résidence comportera huit chambres qui pourront accueillir des aidés, permettant ainsi aux aidants naturels de prendre du temps pour eux. Actuellement au Québec, la seule Maison Gilles-Carle existante est située à Cowansville. Les deux projets prioritaires annoncés récemment par la Fondation Gilles-Carle sont ceux de Shawinigan et de Boucherville.

«Une Maison Gilles-Carle, ce n’est surtout pas institutionnel et ça ne donne pas de soins. C’est un milieu de vie pour les personnes souffrant de troubles cognitifs ou de maladies comme l’Alzheimer, le Parkinson, la sclérose en plaques, certaines formes de déficiences physiques», explique Réjean Veillette, organisateur communautaire au CIUSSS et qui agit comme chargé de projet pour épauler le comité provisoire.

La ressource offrira du répit de jour et du répit hébergement. Dans le premier cas, la personne aidée arrive le matin et repart en après-midi. Dans le second cas, elle est hébergée sur une courte période. Sur les huit chambres de la résidence – qui était la propriété de feu P.A. Bisson, un entrepreneur en construction bien connu dans la région – deux seront aménagées afin de permettre à la personne aidante de dormir avec son proche. «Ça permet de faire une transition pour les premières fois où l’aidé arrive ici», souligne Sylvie Gervais, directrice générale du Centre d’action bénévole de Grand-Mère et membre du comité provisoire.

«Nous allons y aller par étape», prévient Réjean Veillette en donnant l’exemple de Cowansville qui n’offre l’hébergement pour le moment que sur trois jours (jeudi au dimanche) et six journées pour le répit de jour (mardi au dimanche). La Maison Gilles-Carle de Shawinigan débutera sans doute aussi avec un nombre réduit de chambres puisque la mise aux normes des lieux nécessitera des investissements importants. En guise d’exemple, le réaménagement de la Maison Aline-Chrétien, réservée aux personnes en fin de vie, a coûté plus d’un million de dollars.

Défi de financement

À Cowansville, disposant d’un budget d’opération d’un peu plus de 400 000$, une dizaine de personnes travaillent à la Maison Gilles-Carle qui compte quatre chambres, accueille près d’une cinquantaine de résidents réguliers et dispose d’un bassin d’une soixantaine de bénévoles. «Souvent, ce sont d’anciens proches aidants qui viennent donner du temps», donne en exemple Sylvie Gervais.

Avec huit chambres à Shawinigan lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, les besoins en ressources humaines et financières s’annoncent donc énormes. «Il y a un enjeu de financement ponctuel pour la mise aux normes de l’immeuble puis un enjeu de financement récurent pour ce qui est des opérations», reconnait Réjean Veillette, pleinement conscient que ce sont souvent les mêmes entreprises dans la région qui sont sollicitées.

La ministre Marguerite Blais a déjà donné l’engagement que le gouvernement caquiste appuierait les Maisons Gilles-Carle pour leur fonctionnement mais le chargé de projet estime que cela comblera peut être les trois quarts des besoins. «Le reste, c’est le milieu qui devra y voir», souligne Réjean Veillette.

«Ce n’est pas le projet du CIUSSS, c’est la communauté qui doit se l’approprier» – Réjean Veillette

Au-delà des importants financements qui seront requis, Sylvie Gervais voit cependant la Maison Gilles-Carle de Shawinigan comme la lumière au bout du tunnel pour les proches aidants et les organismes communautaires qui leurs viennent en aide. «Il y a de l’épuisement, de l’anxiété, du stress chez les proches aidants. Certains vont même jusqu’à lâcher leur job pour y arriver. Je vois beaucoup de cas de détresse. C’est un projet dont on ne peut pas se passer», termine-t-elle.

La genèse du projet

Tout comme avec la Maison Aline-Chrétien destinée à offrir des soins aux personnes en fin de vie, Jean Chrétien a joué un rôle prépondérant dans l’établissement de la future Maison Gilles-Carle à Shawinigan.

En octobre dernier, en présence de Chloé Sainte-Marie, l’ex-premier ministre canadien annonçait qu’il avait rassemblé la somme de 600 000$ pour l’achat et l’aménagement d’une spacieuse résidence située sur la 10e avenue, dans le secteur Grand-Mère.

Il avait été alors mentionné que M. Chrétien avait lui-même contribué tout en sollicitant des membres de sa famille et des proches. Il faut savoir que sa fille, France Chrétien-Desmarais, appuie déjà la  cause de la Fondation Gilles-Carle. Un autre donateur, le Grand-Mérois Daniel Lamarre, grand patron du Cirque du Soleil, est un ami personnel de Chloé Sainte-Marie.

Comité provisoire

  • Claude Baril
  • Michel Béliveau
  • Mario Boucher
  • Amina Chaïffai
  • Guy D’Anjou
  • Nancy Déziel
  • Sylvie Gervais
  • Michel Lebrun
  • Germain Mercier
  • Guy Poudrier

 

 

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