Cap sur le désert pour deux aventurières
SHAWINIGAN. Nadya Beaulieu et Marie-Odile Lessard s’envoleront ce printemps vers Boa Vista, au Cap-Vert, afin de réaliser un trek 100 % féminin, un défi humain, personnel et psychologique. Du 7 au 13 mai 2026, les deux collègues et amies affronteront le désert, armées d’une boussole, d’une bonne paire de chaussures de randonnée et, surtout, de détermination.
Si le Rose Trip Cap-Vert est devenu un projet concret pour Nadya et Marie-Odile, c’est parce que cette dernière était en quête d’un défi personnel et nourrissait un profond désir de se dépasser. Après quelques recherches sur Internet, Marie-Odile a découvert le trek Rose Trip.
” Dès que j’ai lu la description du défi, j’ai pensé à Nadya, raconte-t-elle. À ce moment, on ne se connaissait que dans le cadre de notre travail, mais je savais à quel point elle avait un esprit d’aventure! ” Nadya a accepté rapidement. ” C’est sûr que dès que tu me parles de voyage et de défi, j’embarque! “, lance-t-elle.
Autant la destination que le concept du trek les ont séduites. ” On est allées à la séance d’information et on est sorties de là avec des étoiles dans les yeux! Le défi hors du commun, la découverte, l’aventure, c’est ça qui nous a attirées “, révèle Nadya.
” Finalement, on forme un duo d’enfer et, bien sûr, une grande amitié est née depuis qu’on a commencé cette aventure “, ajoute Marie-Odile. Le trek est perçu comme un défi intérieur et un dépassement personnel. Elles soulignent l’importance de l’entraide et du soutien émotionnel pendant l’épreuve. ” Moi, je dis que ça passe ou ça casse. Peut-être qu’on ne se parlera plus jamais après “, lance Nadya en riant. ” Moi, je suis convaincue que ça passe!, enchaîne Marie-Odile. On est une équipe qui se complète très bien, car on a chacune nos forces. “
Se préparer corps et sac à dos
Ce qui attend Nadya et Marie-Odile en mai prochain : quatre jours de randonnée d’environ 20 kilomètres par jour dans le désert, sous la chaleur et au milieu des dunes. Bien entendu, ce type d’aventure se prépare plusieurs mois à l’avance. En plus de devoir payer des frais d’engagement d’environ 10 000 $, elles ont dû se procurer de l’équipement spécialisé pour le trek : souliers de randonnée, guêtres (version sable) pour éviter que le sable ne pénètre dans les chaussures, bâtons de marche, sac à dos, vêtements de trek avec protection UV, boussole, rapporteur topographique et équipements d’orientation. Les participantes avaient estimé leurs dépenses totales à environ 11 000 $, mais elles dépassent maintenant ce montant et reconnaissent avoir sous-estimé les coûts d’équipement.
L’apprentissage des outils d’orientation fait aussi partie de la préparation. ” On n’avait aucune expérience avec la boussole ou les cartes topographiques, on est vraiment en mode apprentissage “, confie Nadya. Les deux femmes suivent des tutoriels et des formations pour apprendre à lire les degrés, utiliser un rapporteur topographique et se repérer en terrain désertique. ” C’est faisable, mais ça prend beaucoup de précision. C’est la clé du succès “, souligne Marie-Odile, qui avoue que cet aspect du défi demeure intimidant.
Si l’équipement technique est essentiel, la préparation physique l’est tout autant. La randonnée ne faisait pas nécessairement partie du quotidien des deux aventurières, mais elles ont amorcé un entraînement progressif depuis plusieurs mois.
” Je ne suis pas la personne la plus active non plus, j’ai besoin d’un coup de pied pour sortir marcher et m’entraîner “, admet Nadya. Marie-Odile, toutefois, sait à quoi s’attendre. ” Je sais que si je ne suis pas bien préparée, je vais payer plus tard “, dit-elle.
Comme elles vivent dans des villes différentes – l’une à Shawinigan, l’autre à Québec – leur préparation se fait surtout à distance. ” On essaie de se réunir une fois de temps en temps pour faire des randonnées ensemble, mais notre préparation physique est plus faite chacune de notre côté. On marche même ensemble au téléphone “, raconte Marie-Odile en riant.
Au-delà de l’entraînement, la logistique de l’alimentation représente un autre casse-tête important. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les participantes doivent être autonomes pendant les quatre jours de marche. ” La nourriture n’est pas incluse. Ils vont nous ravitailler en eau, mais sinon, il faut s’arranger avec nos repas “, explique la Shawiniganaise, Nadya. Comme les journées pouvant durer de 10 à 12 heures, les deux femmes doivent planifier plusieurs repas à transporter dans leur sac à dos.
” On est vraiment en train de se casser la tête sur ce qu’on va manger. On étudie même la nourriture lyophilisée, parce qu’on ne peut pas traîner notre cuisine dans notre sac à dos “, ajoute Marie-Odile.
Malgré les défis logistiques et physiques, les deux collègues se disent confiantes. ” C’est un beau défi pour se dépasser avec espoir et en équipe “, conclut Nadya.
