Carnet de voyage #6 : les anecdotes de Stéphane Richer

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt
Carnet de voyage #6 : les anecdotes de Stéphane Richer
Jim Hennessy, journaliste sportif à Saint John en entrevue avec l'ancien #44 du Canadien Stéphane Richer. (Photo : Hebdo Patrick Vaillancourt)

CHRONIQUE.  C’est le vendredi soir, soir de Fête nationale au Québec. Le match entre les Bulldogs d’Hamilton et les Oil Kings d’Edmonton scellera le sort d’un champion de ligue, tandis que l’autre se dirigera en demi-finale. Je me dirige vers un restaurant près de mon appartement dans le Millidgetown pour écouter la rencontre. Tipsy Tomato Pizzeria pub existe à Saint John depuis moins de 5 ans. En entrant, la légende du Canadien de Montréal Stéphane Richer est sur place sur une petite scène et il raconte des anecdotes de sa carrière à Jim Hennessy, un journaliste sportif bien connu ici. C’est quoi les chances?

L’ancien #44 du Canadien ne se trouve pas dans ce charmant restaurant sportif dans le cadre de la Coupe Memorial, mais plutôt pour la tournée des Légendes du hockey (Legends of hockey). Le directeur de cette fondation Steve Walton est aussi le propriétaire du restaurant. Legends of hockey existe depuis 2005, et comme son nom l’indique, il permet aux amateurs d’entendre les histoires des légendes dans différentes communautés à travers le pays. Deux semaines avant, Ron Duguay visitait une école de Saint John et racontait des anecdotes aux jeunes.

Au diable la partie entre Hamilton et Edmonton, j’écoute plutôt attentivement les histoires de Stéphane Richer.

Il raconte comment les temps ont changé! Lors de son premier camp d’entraînement, il entre dans le vestiaire, Larry Robinson, Bob Gainey et plusieurs autres ont une cigarette ou un cigare à la main, et la fumée est omniprésente. 

Il révèle une anecdote juteuse lors de sa présence au match des étoiles en 1990. Il n’y avait pas autant de caméras comparativement à aujourd’hui. Al Iafrate, défenseur étoile des Capitals de Washington a les jambes croisées et il fume une cigarette… sur le banc, pendant la présentation des joueurs. Un préposé lui dit de se préparer. Sans stress, il continue à fumer en mentionnant qu’il aura le temps de la finir. Oui, les temps ont bien changé.

Il confie comment il se sentait démuni et sans outil face à la pression montréalaise alors qu’il a demandé au président Ronald Corey de l’échanger. Ça célèbre citation « Y’a pas juste le hockey dans la vie! » ne passait pas chez les partisans. Richer vivait une profonde dépression. Ce qui était alors tabou dans le monde du sport commence à être accepté dans la société. La santé mentale peut faire encore plus de dégâts qu’une blessure physique, c’est reconnu maintenant. Richer était en avance sur son temps sans le savoir.

Il raconte comment il était vu comme le successeur de Guy Lafleur, les deux hommes étaient de la même région, Lafleur né à Thurso et Richer à Ripon, une vingtaine de minutes séparent les deux villes. Lafleur a été son mentor. Quand il avait de la difficulté sur la glace, Lafleur lui donnait un coup de fil pour l’encourager. Des histoires comme celle-là concernant le Démon blond, il y en a des tonnes.

Après une entrevue de 45 minutes à une heure devant une trentaine de personnes intéressées dans le restaurant, Jim Hennessy demande s’il y a des questions.

Je fais ni une ni deux. « Bonne Saint-Jean Stéphane! »

« C’est vrai c’est aujourd’hui! », répond-il.

Je lui demande d’abord ce qu’il pense du tournoi actuel de la Coupe Memorial à Saint John. « Je ne comprends pas pourquoi les matchs de la ronde préliminaire qui vont en prolongation sont joués à 3 contre 3… ce n’est pas du hockey. »

Puis, je lui mentionne de bons souvenirs quand j’étais enfant. Je me rappelle d’avoir vu les Canadiens de Montréal à La Tuque sur le terrain de balle du Club latuquois alors que l’équipe était en tournée l’été pour jouer des matchs de balle donnée dans les différentes localités du Québec. Pourquoi ça n’existe plus? « C’est simple, il n’y a plus de Québécois dans l’équipe. C’était important dans notre temps d’être impliqués dans les communautés. Mats Naslund devait rester avec l’équipe et participer à ces tournées pour être payé. Tomas Plekanec avait déjà un vol réservé pour retourner en Finlande au dernier match de la saison… » Ça ne peut pas être plus clair pour Richer qui n’a jamais eu la langue dans sa poche.

Avoir des surprises comme cette soirée où je m’attendais seulement à prendre un bon repas et plutôt tomber devant cette belle surprise, j’en prendrais n’importe quand!

C’est quoi les chances?

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires