Éric Gagnon vivra sa plus belle Classique aux côtés de son fils Zaïc

CLASSIQUE DE CANOTS.  Après plus d’une vingtaine de participations à la Classique internationale de canots de la Mauricie, Éric Gagnon s’apprête à vivre une édition bien différente des précédentes. Cette fois, le vétéran de 47 ans délaissera les objectifs de performance pour réaliser un rêve qu’il nourrit depuis longtemps: prendre le départ avec son fils Zaïc, qui en sera à sa toute première Classique.

“Mon plus gros trophée, ça va être de la faire avec mon gars”, lance-t-il sans hésiter. “Je n’ai pas de mots. Juste faire le Festival de la rivière avec lui, j’étais déjà fier. Là, de vivre la Classique ensemble, c’est quelque chose.”

Pour Éric Gagnon, cette 22e participation revêt une signification toute particulière. Si Zaïc avait déjà manifesté son intérêt l’an dernier, son père avait préféré patienter.

“Il voulait la faire, mais on n’avait pas assez d’entraînement. Je lui ai dit qu’on attendrait une année de plus. Cette année, on n’a pas énormément d’heures non plus, mais on est prêts à relever le défi.”

À 16 ans, Zaïc possède déjà un solide bagage sur l’eau. Initié au kayak dès l’âge de cinq ans, il a développé une technique qui impressionne son père.

“Il apprend vite. Il est très visuel et il met rapidement les techniques en pratique. Il est vraiment fort techniquement. Ce qui reste à développer, c’est le mental quand ça commence à faire mal pendant les longues courses.”

Une passion qui se transmet

Chez les Gagnon, le canot est une véritable histoire de famille. Bien avant qu’Éric dispute sa première Classique avec Serge Pagé, la passion se transmettait déjà de génération en génération.

“Mon père a fait six Classiques. Mes oncles aussi en ont fait plusieurs. Moi, j’ai commencé à ramer à 14 ans avec mon cousin. Mon grand-père nous regardait du bord de la rivière. C’est comme ça que j’ai attrapé la piqûre.”

Voir aujourd’hui son fils poursuivre cette tradition représente une immense fierté.

“Je ne l’ai jamais poussé. Il a fait son chemin en kayak et, quand il s’est senti prêt, c’est lui qui est venu m’en parler. J’avais toujours espéré vivre ça un jour, mais je voulais que ça vienne de lui.”

Cette passion s’est installée naturellement au fil des années.

“Après chacune de mes Classiques, il montait dans le canot avec moi pour faire un petit tour. Il a toujours baigné là-dedans.”

Terminer ensemble, peu importe le classement

Pour le duo père-fils, les ambitions sont simples.

“Je lui ai dit : si on embarque là-dedans, on s’en va au bout. Que ça fasse mal, qu’on trouve ça difficile, on termine la Classique. Peu importe la position.”

Éric Gagnon reconnaît qu’il n’a jamais été du genre à mettre une pression excessive sur son fils.

“Je suis plus le genre à l’encourager. Je vais lui dire “good job”, que ça va bien. Je préfère motiver que chialer.”

Cette approche positive fait partie intégrante de leur relation et devrait les aider à traverser les moments plus exigeants de l’épreuve.

Même si la Classique conserve une place importante dans sa vie, Éric Gagnon admet que les dernières années ont été plus difficiles.

Père de cinq enfants, il dispose de beaucoup moins de temps pour s’entraîner qu’à une certaine époque.

“Honnêtement, si ce n’était pas de mon gars, je ne ferais probablement pas la Classique cette année. C’est vraiment lui qui me ramène là.”