« Je vais là où on me respecte! »

Patrick Vaillancourt pvaillancourt@icimedias.ca

« Je vais là où on me respecte! »
Le Shawiniganais Alain Mathon est arbitre depuis une dizaine d'année autant au hockey mineur que pour les ligues scolaires. (Photo : L'Hebdo Patrick Vaillancourt)

HOCKEY.  Alain Mathon arbitre en Mauricie depuis une dizaine d’années autant au hockey mineur, dans les ligues scolaires que pour les ligues récréatives pour adultes. Le Shawiniganais n’a pas été surpris de voir des parties de hockey mineur annulées récemment en avançant qu’il s’agit d’une problématique qui date depuis plusieurs années, même avant la pandémie.

C’est à l’âge de 40 ans que M. Mathon est allé chercher sa formation d’arbitre, lui qui détient maintenant 10 ans d’expérience. 

Qu’est-ce qui l’a incité à l’époque de devenir arbitre au hockey? « J’avais des chums qui arbitraient et je me suis fait demander si ça me tentait. Surtout qu’à Grand-Mère, là où j’habite, on est beaucoup entre amis. C’est le fun d’arbitrer avec des gens que tu connais. Ça permet aussi de rester en forme et de patiner la fin de semaine. Comme j’ai toujours joué au hockey, je me disais que j’ai eu des arbitres pour moi quand j’étais jeune, alors c’était à mon tour de redonner. »

De par son emploi à l’Agence du revenu du Canada, M. Mathon soutient également que c’est le côté de l’application des lois qui l’attire dans l’arbitrage, lui qui est même arbitre dans des ligues de balle l’été. « Ça rejoint en quelque sorte ma carrière professionnelle d’appliquer des politiques et des procédures. »

Qu’est-ce qui explique selon lui la plus récente pénurie d’hommes rayés à Hockey Mauricie? « Honnêtement, ce n’est pas parce que les spectateurs ou les entraîneurs crient après les arbitres qu’il n’y en a plus. Ça n’arrive pas souvent de se faire crier après. N’importe quel adulte qui arbitre est capable d’aller voir l’entraîneur qui crie pour lui dire que c’est assez. C’est certain que ce n’est pas le même impact pour un jeune de 12-13-14 ans qui se fait crier après. »

C’est une personne qui assigne les arbitres pour les parties dans les différents territoires de la Mauricie. « C’est certain que celui qui assigne les arbitres pour les parties ne donnera pas un match d’un calibre junior à un arbitre de 14 ans. C’est illogique. Ce n’est pas nous qui choisissons nos matchs, on prend ce qu’on nous donne. »

Pour l’arbitre shawiniganais, la pandémie n’a aucun lien avec le manque d’arbitres que l’on connaît maintenant. Il donne l’exemple alors que lui-même a assigné les arbitres pour les matchs pendant trois ans. « Je m’occupais de Grand-Mère et Saint-Georges. Le calibre junior est plus intense que le calibre pee-wee. En arrivant dans les séries au junior, le jeu monte d’un cran. Pour protéger nos arbitres, je voulais emmener 4 arbitres pour les séries. J’avais eu l’approbation du président du hockey mineur. Au final, Hockey Mauricie avait envoyé un courriel au président du hockey mineur Grand-Mère qu’il allait dissoudre le hockey mineur Grand-Mère si on arbitrait à 4. J’ai mentionné ensuite à Hockey Mauricie que je ne ferai plus le travail d’assigner les arbitres. Au final, Hockey Mauricie a décidé de faire les parties à 4 arbitres. Je l’ai pris de travers. »

Quand la pandémie est arrivée, il y a eu une personne de mandatée pour faire valoir les droits des arbitres. « On voyait déjà un manque d’arbitres adultes avant la pandémie. La personne qui nous représentait a fait valoir qu’il serait pertinent de monter nos salaires. On a nommé un fiscaliste en faisant nos devoirs. Quand on a présenté ça à Hockey Mauricie, ç’a été rejeté du revers de la main, et on s’est fait traiter d’association de broche à foin! Hockey Mauricie ne veut pas voir d’association d’arbitres. Ils veulent s’ingérer dans l’arbitrage. »

Quelles sont les solutions pour contrer le manque d’arbitres adultes?

Si tout n’est pas rose chez Hockey Mauricie pour la gestion des arbitres, quelles sont les pistes de solutions selon lui? « Hockey Mauricie devrait faire confiance aux gens qui sont en place. On n’est pas là pour former un syndicat. On ne veut pas une association pour faire des revendications extrêmes. On veut juste une base. Ça fait des années que les arbitres reçoivent les mêmes montants. C’est juste logique de donner un pourcentage pour l’essence si on se déplace. Que le gouvernement puisse monter le montant que l’on peut gagner sans imposition pourrait être aussi une solution. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’arbitres, ils sont là. Mais c’est parce qu’on fait des choix maintenant. Plusieurs arbitres se tournent vers les ligues récréatives d’adultes pour ne plus avoir à faire avec Hockey Mauricie. Pour ma part, je vais là où on me respecte », conclut Alain Mathon.

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