La Classique de canots dans l’œil des ambassadrices: Jessica Gauthier

N.D.L.R.: Cette année, l’Hebdo laisse la plume à deux ambassadrices de cette 93e Classique de canots. Voici le récit de Jessica Gauthier, participante en R9 avec l’équipe Hockey Lemay.

La Classique, une histoire de famille qui se poursuit

Avant même d’être une rameuse, j’étais une petite fille au bord de la rivière, les yeux tournés vers mon père.

Pendant toutes les années 90, mon père était un excellent canotier en C2. Je le suivais partout. Toutes les courses, tous les étés, tous ces kilomètres parcourus pour le voir faire ce qu’il aimait. Mais parmi tous ces moments, il y en avait un que j’attendais avec une fierté et une impatience particulière: la Classique de canot.

Pour moi, la Classique, c’était d’abord la famille. C’était être au bord de la rivière pendant trois jours, crier, encourager mon père, vibrer au rythme des équipes qui passaient devant nous. C’était aussi retrouver, année après année, des gens extraordinaires venus de partout en Amérique du Nord, des gens avec qui mon père avait créé des amitiés qui traversaient les années.

Très jeune, j’ai commencé à ramer à mon tour. Encouragée et coachée par mon père, Yves Gauthier. À 15 ans, j’ai participé à ma toute première Classique avec la Belgo. Je me souviens encore de ce sentiment d’être sur cette rivière et de comprendre que je faisais maintenant partie de cette grande histoire.

Depuis, chaque Classique est différente, mais l’émotion reste la même. Relever le défi des 200 kilomètres, repousser mes limites, aller chercher une force que je ne savais parfois même pas avoir… et surtout, partager ces moments avec des gens qui deviennent bien plus que des coéquipiers: des amis pour la vie.

Et aujourd’hui, la Classique a une signification encore plus particulière pour moi.

Depuis 2019, je partage cette passion avec mon conjoint, que j’ai d’abord rencontré dans mon équipe de R9 Hockey Lemay. Une passion qui nous rassemble, qui nous pousse à nous dépasser et qui fait maintenant partie de notre histoire familiale.

Et notre plus grand admirateur a maintenant quatre ans.

Zaïk nous regarde du bord de l’eau, avec ses petits yeux remplis de fierté, comme je regardais mon père lorsque j’étais enfant.

Et cette année, il vivra cette Classique aux côtés de son grand-père, mon père à moi.

Il y a quelque chose de profondément émouvant à penser que le petit garçon qui nous encourage aujourd’hui se trouve exactement là où j’étais autrefois: au bord de cette rivière, à regarder quelqu’un qu’il aime se dépasser.

C’est peut-être ça, finalement, la Classique pour moi.

Ce n’est pas seulement 200 kilomètres.

Ce n’est pas seulement une course.

Ce n’est pas seulement un défi sportif.

C’est une histoire qui se transmet.

Une histoire de famille, de passion, de dépassement de soi, d’amitié et de transmission.

Une histoire commencée avec une petite fille qui regardait son père ramer… et qui, des années plus tard, rame à son tour avec son propre fils qui la regarde.

Et c’est avec une immense fierté que je poursuis cette histoire aujourd’hui comme ambassadrice du volet R9 – Rabaska.

La Classique fait partie de moi depuis toujours.

Et cette année encore, je serai sur cette rivière, avec mon équipe, ma famille et tous ceux qui rendent cette aventure si exceptionnelle.

À la rivière.