La Course des couleurs invite à repenser notre rapport au sport

SAINT-JEAN-DES-PILES.  Après avoir remis en question la culture de la performance et la quête de validation par les réseaux sociaux, la Course des couleurs du 2800 du Parc s’attaque cette année à un nouveau sujet : la consommation dans le sport. Pour sa quatrième édition de course en trail, qui se déroulera le 4 octobre, l’événement invitera les participants à réfléchir à leur rapport au matériel sportif tout en posant un geste concret pour favoriser l’accès au sport chez les jeunes. Les inscriptions ouvrent le mardi 25 août, à midi!

” On s’est rendu compte qu’on associe de plus en plus le mouvement au fait d’aller magasiner d’abord. On dirait qu’on est rendu à partir en expédition sur Mars pour courir un 5 km “, illustre Frédérique Carpentier, qui organise l’événement avec son père, Steeve Carpentier.

L’objectif n’est toutefois pas de dénoncer l’achat d’équipement sportif, précise-t-elle. ” On a tous un kit qui nous fait sentir bien et qui nous motive. On ne veut pas que les gens arrivent à la course en ayant l’impression qu’ils ne devraient pas porter leurs vêtements préférés. On veut plutôt planter une graine et amener une réflexion sur le fait qu’on n’a peut-être pas besoin de 18 ensembles différents pour pratiquer un sport. “

Cette réflexion prendra aussi une forme concrète. Les organisateurs souhaitent recueillir du matériel sportif qui sera remis à des jeunes de la région afin de réduire les barrières d’accès à la pratique sportive. L’idée est que chaque participant apporte une pièce d’équipement ou un vêtement sportif, relié au domaine de la course à pied et adapté aux jeunes, lors de l’événement. Les équipements recueillis seront ensuite redistribués à des élèves par l’entremise du Centre de services scolaire de l’Énergie.

Une formule qui conserve son ADN

Les éléments qui ont fait la réputation de la Course des couleurs demeureront en place cette année. Les participants prendront donc le départ sans montre intelligente, sans écouteurs, sans chronomètre et sans podium à l’arrivée.

Cette approche, introduite l’an dernier, a trouvé un écho auprès des coureurs. ” Il y a des gens qui ne s’inscrivent pas à des courses parce qu’ils pensent qu’ils ne feront pas un assez bon temps. L’année dernière, on a vu autant des familles que des personnes qui ont choisi de faire le parcours en marchant. Les gens se sentent en confiance et il n’y a plus cette barrière d’accessibilité “, affirme Mme Carpentier.

L’événement proposera de nouveau un parcours de cinq kilomètres en sentier, dont le tracé pourrait être renouvelé, ainsi qu’un parcours de deux kilomètres destiné aux enfants.

Bien plus qu’une course

En plus de l’épreuve sportive, les organisateurs souhaitent créer une journée complète de réflexion et de rassemblement. Yoga matinal, musique, espaces de discussion, dîner inspiré d’une approche ayurvédique, conférence et choix alimentaires plus locaux feront partie de la programmation, toujours en lien avec le thème annuel.

” On veut questionner le fait de bouger et les raisons pour lesquelles on bouge. Dans l’histoire humaine, le mouvement faisait simplement partie de la vie. Aujourd’hui, il est devenu un produit. Nous, on veut revenir à la racine du mouvement “, insiste Mme Carpentier.

L’intérêt pour cette approche ne cesse de grandir. L’an dernier, les inscriptions se sont envolées en une seule journée. Les organisateurs prévoient accueillir environ 500 participants cette année et s’attendent à ce que les places trouvent rapidement preneur.