Le ski urbain prend d’assaut le parc de la rivière Grand-Mère

SHAWINIGAN.  Le parc de la rivière Grand-Mère vibrait d’énergie le week-end du 3 janvier dernier. Entre 300 et 400 personnes se sont rassemblées pour assister à la troisième édition de B-Dog Off the Leash à Shawi, un événement de ski et de planche à neige urbain orchestré par le Shawiniganais Phil Casabon.

Surnommé B-Dog dans le milieu, le skieur professionnel de 36 ans a une fois de plus transformé le parc en véritable terrain de jeu hivernal. Baptisée édition urbaine, cette compétition se distingue par un parcours construit directement dans le parc, à force de pelles, de bras et de passion.

” Le terrain a une légère pente, juste assez pour donner de la vitesse. Avec un peu d’aide, on pousse la neige et on crée quelque chose d’unique “, explique Casabon, qui coorganise l’événement avec Raphaël Sévigny.

Contrairement aux stations de ski traditionnelles, aucun dameur industriel n’est utilisé sur le site. Si une petite machinerie a été mise à contribution brièvement, l’essentiel du travail repose sur une équipe de bénévoles dévoués.

“Ça a l’air presque fait à la machine, mais c’est pas mal tout à bras, comme dans le bon vieux temps”, souligne l’organisateur.

Le résultat: un parcours urbain authentique, inspiré de l’ADN du ski de rue, intégrant des modules existants du parc – déjà connus à l’international – et des ajouts originaux, dont une niche de chien skiable, clin d’œil assumé au thème Off the Leash et au surnom de Phil Casabon: B-Dog.

Une vitrine 100 % québécoise

L’événement à Shawi s’inscrit dans une série de trois rendez-vous B-Dog Off the Leash, aux côtés d’éditions présentées au Minnesota, en Alberta et en ligne. Mais à Shawinigan, la philosophie est claire: mettre en lumière les talents québécois.

Phil Casabon organise l’événement Off the leash à Shawinigan. (Photo Shawn Bennett)

“J’invite seulement des riders québécois, en ski comme en snowboard. C’est important pour moi d’être inclusif et de célébrer nos racines”, affirme Casabon.

Au total, 40 athlètes ont pris part à la compétition, 20 skieurs et 20 planchistes, réunissant des figures établies du milieu et une relève prometteuse, dans une ambiance multigénérationnelle.

Du “Cash for Tricks” et du style avant tout

Le format de la compétition privilégie le spectacle et la créativité. Pas de podium traditionnel, mais du Cash for Tricks: une enveloppe de 4000$ distribuée sur place par Phil Casabon lui-même pour les manœuvres les plus impressionnantes.

À cela s’ajoutaient deux bourses de 1000$ chacune pour le meilleur style, une en ski et une en planche à neige, votées directement par les riders.

“Les meilleurs juges, ce sont les pairs. Il n’y a personne de mieux placé pour reconnaître le style”, dit-il.

Cette année, Édouard Thériault s’est démarqué en ski, tandis que Maddox Matte a remporté les honneurs en snowboard.

Ramener le sport à la maison

Pour Phil Casabon, tenir l’événement à Shawinigan n’est pas un hasard. Originaire de Grand-Mère, il souhaite démontrer qu’il est possible de rêver grand, même à partir d’un parc de quartier.

“Je veux montrer à la jeunesse que c’est accessible. Pas besoin d’être à Whistler ou à Salt Lake City. Ici, il y a une côte, de la neige, puis du talent”, insiste-t-il.

La Ville de Shawinigan a d’ailleurs accordé son appui au projet, donnant accès au terrain et sa confiance aux organisateurs.

(Photo Shawn Bennett)

Une passion qui se décline autrement

S’il ne participe pas comme athlète lors de l’événement, Phil Casabon demeure très actif dans le milieu. Il se consacre désormais principalement à la production visuelle, aux films de ski, mais aussi à des projets créatifs comme une bande dessinée et un livre jeunesse mettant en scène son alter ego canin, B-Dog.

“Tout est relié au ski. Mon but, c’est toujours de rendre le sport plus accessible et attrayant pour la jeunesse”, conclut-il.