Patrick Dallaire aux portes de la LNH

CHARLOTTE.  Après 17 années passées au sein de l’organisation Red Bull en Allemagne, le Shawiniganais Patrick Dallaire amorce un nouveau chapitre de sa carrière. L’entraîneur de gardiens a accepté un contrat de trois ans avec les Checkers de Charlotte, le club-école des Panthers de la Floride dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

Patrick Dallaire avait fini par se faire à l’idée de terminer sa carrière d’entraîneur en Allemagne.Après cinq années à Salzbourg et 12 autres à Munich, le Shawiniganais était bien établi en Europe. Il avait notamment remporté un championnat avec le Red Bull Munich en 2023 et bénéficiait d’une excellente qualité de vie.

Pourtant, lorsqu’une occasion de revenir en Amérique du Nord s’est présentée une nouvelle fois, il a décidé de sauter dans l’aventure.

C’est depuis son appartement à Charlotte que le Shawiniganais nous accorde cette entrevue.

«À 51 ans, avec l’offre qu’ils m’ont faite, je me suis dit que si je ne sautais pas sur l’occasion en ce moment-ci, peut-être qu’elle ne reviendrait pas», raconte-t-il.

Une deuxième tentative

L’organisation des Panthers de la Floride avait approché Dallaire une première fois en 2023. Roberto Luongo et François Allaire lui avaient alors proposé de devenir entraîneur des gardiens des Checkers.

Le moment n’était toutefois pas idéal.

Dallaire était toujours sous contrat avec Munich, sa famille n’était pas nécessairement prête à quitter l’Europe et les conditions financières étaient moins intéressantes que celles dont il bénéficiait en Allemagne.

«On était bien à Munich. Il n’y avait pas de raison de rusher pour s’en aller de là», explique-t-il.

Dallaire avait d’ailleurs reçu plusieurs offres de la LAH depuis 2017, mais les avait toutes refusées.

Cette fois, les Panthers sont revenus à la charge et les conditions étaient différentes.

«Ma femme et moi, on se sentait prêts à quitter l’Europe pour essayer un nouveau défi. On était en équipe dans ça.»

Une relation de longue date avec François Allaire

La présence de François Allaire dans le projet a également pesé lourd dans la décision.

Dallaire connaît l’ancien entraîneur des gardiens depuis le début des années 1990. Alors qu’il était encore joueur, le Shawiniganais avait participé aux écoles de hockey d’Allaire et avait conservé ses notes et ses exercices.

Lorsque sa carrière de joueur a pris fin, il s’est rapidement tourné vers l’entraînement.

«J’étais passionné pour les gardiens de but. J’avais encore les drills de François que j’avais faits à cette école-là. Ça a été ma bible pour mes premières années comme entraîneur.»

Les deux hommes ont continué à se côtoyer au fil des années. Allaire est notamment allé travailler avec Dallaire à Salzbourg, puis l’a accueilli au Colorado lorsqu’il était entraîneur avec Patrick Roy.

Dallaire a également invité Allaire à Munich en 2018 afin qu’il puisse travailler avec ses gardiens.

«On s’est rendu compte qu’on parlait encore le même langage», souligne Dallaire.

Cette relation de confiance a finalement mené à une nouvelle collaboration.

«Je dois beaucoup à François Allaire, surtout François qui me fait confiance et qui me voyait comme le candidat pour développer les gardiens de l’organisation.»

Une structure qui l’attire

Le Shawiniganais est particulièrement enthousiaste à l’idée d’intégrer la structure de développement des gardiens des Panthers.

Roberto Luongo et François Allaire se trouvent au sommet de cette structure, tandis que Dallaire travaillera avec les gardiens de Charlotte. Le système comprend également des entraîneurs et des dépisteurs qui travaillent de façon concertée.

«Je suis un peu moins seul que j’étais à Munich. J’étais un peu tout seul sur mon île à essayer de trouver des solutions aux problèmes. Tandis qu’avec les Panthers, je me sens entouré.»

Pour Dallaire, c’est aussi une occasion d’apprendre.

«En 51 ans, je vais encore apprendre et m’améliorer. C’est la façon de continuer dans mon propre cheminement, de me développer comme entraîneur et de côtoyer ces gens-là.»

Développer les futurs gardiens de la LNH

Son mandat est clair: préparer les jeunes gardiens de l’organisation à faire le saut dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

«Mon mandat, c’est de développer le prochain gardien qui va prendre la relève avec les Panthers quand les vétérans vont se tasser.»

Dallaire connaît bien le travail de développement, qu’il a effectué à Halifax et à Munich. Mais la proximité avec la LNH ajoute une dimension particulière au défi.

Parmi les gardiens avec lesquels il devrait travailler à Charlotte figure Cooper Black, un imposant gardien de 6 pi 8 po et 223 livres.

Black a connu une importante progression la saison dernière, disputant 42 rencontres après avoir obtenu davantage de responsabilités que prévu.

«Il a eu sa chance et il l’a saisie. Il a vraiment bien fait. L’organisation commence vraiment à le considérer comme un bon gardien.»

Pour Dallaire, le travail avec un gardien de cette stature sera particulièrement intéressant.

«Les grands gardiens sont très, très intéressants à travailler avec parce que la couverture des angles peut être différente.»

Il souhaite toutefois éviter que Black devienne prisonnier de son gabarit.

«Ça ne veut pas dire que tu vas tout le temps jouer comme si tu étais un 6 pi 8 po. Il y a des gardiens qui vont jouer plus petits.»

Un rôle qui dépassera Charlotte

Dallaire ne travaillera pas uniquement avec les gardiens des Checkers.

Il devra également suivre un gardien appartenant aux Panthers qui évoluera avec les Savannah Ghost Pirates, dans la ECHL. Il devra donc gérer les horaires, les déplacements et les mouvements de gardiens entre les différents niveaux de l’organisation.

Une réalité bien différente de celle qu’il connaissait en Allemagne.

«En Europe, on partait sur la route une fois par semaine au maximum. Des fois, c’était aux deux semaines, un soir qu’on ne couchait pas à la maison.»

Avec Charlotte, les déplacements seront beaucoup plus nombreux, même si l’équipe profite de nombreux voyages en avion en raison de son éloignement géographique.

La LNH en tête? Pas nécessairement

Le rêve de travailler un jour dans la LNH demeure présent, mais Dallaire ne veut pas brûler les étapes.

«Je ne te mentirai pas en disant que ça ne m’intéresserait pas d’aller dans la Ligue nationale. C’est évident que ce serait toujours intéressant.»

Pour l’instant, il veut surtout se remettre à jour avec le hockey nord-américain. Il a déjà commencé à analyser des matchs et à découper des séquences vidéo.

«Je plonge la tête première dans ça. Je veux vraiment revenir et me remettre à jour avec toute la Ligue.»

Le camp d’entraînement des Panthers en Floride constituera sa première étape avant de rejoindre Charlotte.

À 51 ans, après 17 années en Allemagne, Patrick Dallaire revient donc en Amérique du Nord avec un nouveau défi: contribuer à façonner les prochains gardiens des Panthers.

Et surtout, continuer d’apprendre.

«Mon défi personnel, c’est au jour le jour de faire le travail que j’ai à faire pour préparer mes gardiens du mieux que je peux. On y va avec ça. Ça va nous mener où ça va nous mener.»