Skateparc Onirik: déjà dans les meilleurs au monde

SHAWINIGAN.  L’ancienne église du secteur Saint-Georges-de-Champlain accueillera désormais des planches à roulettes, des trottinettes et des BMX plutôt que des célébrations religieuses. L’OBNL Onirik procédera à l’ouverture officielle de son skateparc intérieur le 1er août, un projet rendu possible grâce à une importante mobilisation citoyenne et à des centaines d’heures de bénévolat.

Pensé pour les adeptes de skateboard, de trottinette freestyle et de BMX, le complexe est le premier du genre en Mauricie. Son objectif dépasse toutefois la simple pratique sportive.

” Ce qui m’a vraiment motivée, c’est le sentiment d’injustice “, confie Jennifer Parke, instigatrice du projet.

Habituée des skateparcs en raison du parcours de son fils Jérémie Pagé, champion canadien de trottinette freestyle, elle souhaitait avant tout offrir les mêmes possibilités aux jeunes qui n’ont pas les moyens de voyager ou d’avoir accès à des installations spécialisées.

” Mes enfants sont privilégiés. Ils voyagent partout dans le monde pour leur sport. Ce projet-là, ce n’était pas pour eux. C’était pour le jeune qui a le même talent, le même désir, mais qui n’a pas accès aux mêmes ressources. “

Le bâtiment, acheté pour environ 300 000$, a été transformé grâce à un vaste réseau de partenaires. Bien que le projet ait initialement été évalué à près de 530 000$, les nombreux dons de matériaux, de services professionnels et de main-d’œuvre ont permis de limiter les coûts des travaux à environ 230 000$.

Parmi les principales contributions figurent une aide de 50 000$ de la Fondation Desjardins ainsi qu’une autre de 50 000$ du Fonds régions et ruralité (FRR2). La campagne de sociofinancement menée sur La Ruche a également permis d’obtenir un important coup de pouce financier grâce au Fonds 1001.

” On a eu énormément d’aide. Des entrepreneurs nous appelaient pour nous demander pourquoi on ne leur avait pas demandé de participer. Tout le monde voulait contribuer “, raconte Jennifer Parke.

BMR a notamment accordé un rabais d’environ 30 000$ sur les matériaux en plus d’un don de 5 000$. D’autres entreprises ont réalisé gratuitement des travaux spécialisés, comme l’installation électrique ou la construction de la salle de bain adaptée.

Une nouvelle vocation

Le choix de convertir une ancienne église ne doit rien au hasard.

” On cherchait un bâtiment avec de la hauteur. Les églises répondaient à ce besoin, mais plusieurs demandaient beaucoup trop d’investissements. Ici, on a trouvé un bâtiment qui convenait parfaitement. “

Jennifer Parke estime également que cette reconversion permet de préserver l’esprit rassembleur du lieu.

” Je trouve que la mission ressemble beaucoup à celle de l’église. On veut offrir un endroit sécuritaire où les jeunes peuvent se retrouver et évoluer ensemble. “

Les plans du skateparc ont été élaborés avec la collaboration de trois olympiens en BMX freestyle, de Jérémie Pagé ainsi que de planchistes expérimentés afin de répondre aux besoins des différentes disciplines.

Une deuxième phase est déjà envisagée au sous-sol avec l’aménagement d’une pumptrack et d’une nouvelle section davantage consacrée au skateboard de rue.

Dans le top 3 mondial, selon un champion

Quelques jours avant l’ouverture officielle, le skateparc a reçu un visiteur de marque en la personne de Jayden Charman, champion du monde professionnel de trottinette freestyle.

Le Britannique, qui affirme avoir roulé dans les plus grandes installations de la planète, n’a pas caché son enthousiasme après avoir découvert les lieux.

” Honnêtement, c’est dans mon top 3 des meilleurs skateparcs au monde. L’utilisation de l’espace est remarquable. Tout est bien pensé et la qualité de construction est exceptionnelle. Je ne changerais absolument rien “, affirme-t-il.

Présent au Québec avant de prendre la direction des X Games, l’athlète explique être venu visiter son ami Jérémie Pagé et profiter de l’occasion pour découvrir ce nouveau complexe.

” J’habite près du plus grand skateparc d’Europe, mais ici, on retrouve tout ce dont on a besoin dans un espace beaucoup plus compact. C’est vraiment impressionnant “, ajoute-t-il.

L’accessibilité au cœur du projet

Au-delà des installations, Jennifer Parke insiste sur la mission sociale de l’organisme.

Les séances libres de quatre heures seront offertes au coût de 8$, alors que la passe annuelle sera vendue 365$, soit environ un dollar par jour.

L’organisme prévoit également le prêt gratuit de casques et de trottinettes grâce à une subvention de l’Unité régionale de loisir et de sport de la Mauricie.

Un fonds de parrainage permettra aussi d’offrir gratuitement l’accès aux installations et aux cours à des jeunes issus de familles à plus faible revenu.

” On ne veut pas que les autres sachent quels jeunes bénéficient de cette aide. Ils vont simplement pouvoir pratiquer leur sport comme tout le monde. “

Des cours sont déjà offerts par des entraîneurs certifiés et des partenariats sont en préparation avec plusieurs écoles de Shawinigan, notamment l’école Jacques-Plante et le Séminaire Sainte-Marie.

L’automne s’annonce déjà chargé puisque le skateparc accueillera une compétition nationale de trottinette freestyle réunissant plusieurs des meilleurs athlètes du pays.

Pour Jennifer Parke, cette ouverture marque surtout le début d’une aventure.

” Si on peut développer des champions, tant mieux. Mais notre plus grande réussite, ce sera d’avoir créé un endroit où les jeunes ont envie de se dépasser et de revenir, jour après jour. “