Sur le matelas avec Black Widow Eve…

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Par Bernard Lepage
Sur le matelas avec Black Widow Eve…
De ses amis adolescents à Shawinigan dans les années 2000 qui pratiquaient la lutte avec elle, Marie-Ève Charest est la seule qui a poursuivi jusqu'à aujourd'hui. (Photo : Courtoisie)

COMBAT. Se projeter dans les airs à l’aide des câbles. Terrasser l’adversaire d’un coup de botte dans la poitrine. Finir le travail avec un leg drop à la Hulk Hogan. Puis signer sa victoire en déposant la marque de son rouge à lèvres vif sur le front de la victime. Entrevue sur le matelas avec Black Widow Eve…  

Lutteuse indépendante semi-professionnelle, Marie-Ève Charest se promenait de ville en ville au Canada et aux États-Unis jusqu’à ce que les rings soient désertés à la suite de la pandémie il y a un an.

La jeune femme a fait ses premiers pas dans le métier au milieu des années 2000 au Centre communautaire Bruno-Rivard (Christ-Roi) où Réjean Désaulniers, un vieux routier qui a côtoyé les Rougeau, Carpentier et Creatchman de ce monde, organisait les galas de la Fédération canadienne de lutte (FCL).

«J’étais adolescente et je venais d’arriver à Shawinigan. Mes amis voulaient que je vienne avec eux, mais je ne voulais rien savoir. Je suis arrivé à un gala en fin de soirée et là, King Hammer a été projeté dans les câbles et il est atterrit sur une table en dehors du ring. C’est là que j’ai eu un déclic», raconte au téléphone Marie-Ève Charest ou plutôt, Black Widow Eve de son nom de scène.

Car lorsqu’il s’agit de lutte professionnelle, vaut mieux parler d’un spectacle plutôt que d’un combat même si l’aspect physique n’est pas à négliger. «Quand tu arrives, le promoteur te donne un petit scénario et comme lutteur, ton rôle est de faire une histoire qui se tient avec ça. On te donne un os et il faut l’enrober si on veut», révèle-t-elle.

Agente de sécurité ou gérante d’un café le jour, Marie-Ève Charest devient Black Widow Eve le soir, vêtue de bas résille et de son uniforme en cuir noir. «Au début, je jouais les rôles de méchante dans le ring, mais dans les derniers combats, j’étais du côté des gentils.»

Une passion plus qu’une nécessité

Chicago, Niagara, Montréal en voiture.  On ne s’enrichit pas comme lutteuse semi-professionnelle. Les frais de transport payés plus une centaine de dollars pour un combat d’une dizaine de minutes, c’est plus par passion que par nécessité que ces athlètes-comédiens parcourent des centaines de kilomètres en auto pour se faire projeter dans les câbles devant des centaines de spectateurs.

«Il y a de mes amis qui vont au Japon, la lutte est très populaire là-bas. J’ai eu l’occasion d’aller au Pérou une fois. Tout était prêt, mais j’ai reculé à la dernière minute. Une fille toute seule dans un pays que tu ne connais pas. J’ai eu peur. Les gars voyagent plus que nous autres», admet-elle.

En dehors du ring depuis un an, Marie-Ève Charest est tombée enceinte durant cet intermède involontaire. «Cela a bien adonné d’un côté», raconte celle qui deviendra maman en septembre. «J’aimerais bien faire un dernier combat avant de prendre ma retraite. Quand tu commences ça, tu as ça dans le sang. Ça arrive souvent qu’un lutteur annonce qu’il arrête, mais trois mois plus tard, on le retrouve dans le ring», conclut en riant Ève, la veuve noire…

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