Un amalgame d’actionnaires de différents milieux

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Par Patrick Vaillancourt
Un amalgame d’actionnaires de différents milieux
Cataractes (Photo : hebdo Patrick Vaillancourt)

AFFAIRES. L’un gravite dans le monde immobilier, l’autre dans la restauration, certains sont des passionnés de hockey, un autre est impliqué dans la construction, et un groupe dans le milieu automobile, un autre est écrivain et dans l’événementiel, tandis qu’une autre entité organise des galas de boxe, et l’un a remporté la coupe Stanley à deux reprises… Comment s’est formé le groupe d’actionnaires actuel à la tête des Cataractes de Shawinigan et comment il a évolué au fil des ans?

C’est en 2007 que tout s’est mis en branle pour la vente de l’équipe qui appartenait à la Ville de Shawinigan. «À l’époque, C’est Martin Mondou en compagnie de Louis Caron qui ont amorcé les démarches pour que l’équipe passe du public au privé, indique d’entrée de jeu le président des Cataractes Roger Lavergne. Ils ont approché des hommes d’affaires, dont moi, pour voir notre intérêt pour garder le club à Shawinigan. La Ville perdait beaucoup d’argent, et d’années en années, les coûts augmentaient. Puis, il y a certaines personnes qui étaient dans l’organisation publique qui sont demeurées avec nous avec le changement au privé. Au fil des ans, certains sont partis et d’autres sont arrivés. On a quand même un noyau dur qui est là depuis le début.»

Encore actionnaire aujourd’hui, Justin Darchen indique que la Ville avait une dette avoisinant le million de dollars en lien avec les Cataractes, et que l’organisation n’était même pas en mesure de se présenter au repêchage de 2007. Robert Lavigne a avancé un montant de 100 000$ pour que les Cats se présentent au repêchage. Pendant ce temps, Martin Mondou travaillait sur le montage financier. «Pierre Robert, Jean-Guy Ladrière, Robert Lavigne, et Claude Mondou avaient accepté de prêter de l’argent. C’était une bouffée d’air temporaire pour que le club puisse être vendu ensuite. Les quatre l’ont fait pour la survie des Cataractes.»

Puis, Martin Mondou a incité le quatuor à demeurer actionnaire de l’équipe, tout en greffant d’autres personnes au sein du groupe. Une somme totale de 1,3 M$ a été nécessaire pour le transfert de l’équipe du public au privé. «À ce moment, la Ville de Shawinigan avait le choix de vendre l’équipe à un étranger, ou au groupe d’actionnaires local. À l’époque, beaucoup de partisans avaient donné une caution personnelle pour que l’équipe reste en vie. On a dû faire lever cette caution à la Caisse, certains ont été remboursés tandis que d’autres ne demandaient pas de remboursement. Ils étaient là pour la bonne raison: la survie de l’équipe», ajoute M. Darchen.

L’esprit de l’entente entre la Ville et le groupe privé était d’assurer la pérennité de l’équipe à long terme. Selon l’entente, si le groupe d’actionnaire avait l’intention de vendre l’équipe, la Ville de Shawinigan demeure la première sur la liste à avoir un droit de rachat.

«On s’est impliqué, mais on savait qu’on ne ferait pas d’argent avec les Cataractes, exprime le président Roger Lavergne. Ceux qui étaient là, c’était pour les bonnes raisons, pour garder l’équipe en vie. Les Cataractes apportent une excellente visibilité à Shawinigan au Québec, mais aussi au Canada avec la présentation de la Coupe Memorial et des Classiques hivernales. On est la plus vieille concession et on ne voulait pas perdre ça.»

M. Darchen ajoute qu’une équipe gérée par une Ville coûte encore plus cher puisque les gens qui sont sur le conseil d’administration sont rémunérés, comparativement au groupe actuel où il s’agit d’une implication bénévole. «Je suis avec les Cataractes depuis 2008, et ma seule paye c’est deux billets de saison. On est là pour les vraies raisons, parce qu’on aime le hockey et les Cataractes.»

Si on compte 23 entités impliquées dans le tableau ci-joint, il faut préciser que les Cataractes désignent 18 actionnaires ayant un droit de vote. Certains détiennent une part d’entreprise et une part personnelle, pour un seul vote.

La force de la diversité

Au cours des dernières années, de gros noms se sont greffés au groupe. On peut penser à Bryan Perro, à l’ancien Catractes et gagnants de deux coupes Stanley Pascal Dupuis, ou plus récemment, Camille Estephan et sa fille Camille d’Eye of the Tiger Management. «Ça permet d’élargir les horizons, exprime M. Darchen. Pour le cas de Pascal Dupuis, on trouvait que comparativement à d’autres équipes de la ligue, on n’avait pas d’anciens joueurs qui avaient été pros qui étaient proche de notre équipe. C’est nous qui l’avons approché.»

On peut penser à Jocelyn Thibeault avec le Phoenix de Sherbrooke ou Sean Couturier avec le Titan d’Acadie-Bathurst.

«Le fait d’avoir cette diversité dans les actionnaires, ça nous emmène ailleurs, commente Roger Lavergne. Un gars comme Bryan Perro dans l’événementiel a apporté beaucoup pour le spectacle. Il a travaillé sur les bandes lumineuses, l’animation sur la glace. Il apporte une expertise différente. Un gars comme Pascal Dupuis apporte une notoriété, il connaît la game. On a l’avantage d’avoir un amalgame de propriétaires d’une expertise différente qui partagent leur expérience. Ça permet d’avancer même en eau trouble comme cette année. Il y a des échanges d’idées, mais des chocs d’idées aussi. C’est pourquoi aussi on est devenu une référence dans l’organisation d’événements.»

Qui sont les actionnaires?

-Bell Horizon (Michaël Bellemare)

-Bryan Perro

-Claude Vallée

-Delastek (Claude Lessard)

-Distribution Frank Hallé (François Hallé)

-Étiquettes Unik (Stéphane Gignac)

-Eye of the Tiger Management (Camille et Emanuelle Estephan)

-Gestem (Éric Morel)

-Gestion Éric Gilbert (Éric Gilbert)

-Jean-Guy Ladrière

-Jonathan St-Jean

-Justin Darchen

-Marc Cossette inc. (Dominique Cossette)

-Marie-Hélène Séguin

-Mario Boucher

-Pascal Dupuis

-Richard Lajoie

-Robert Fer et Métaux (Pierre Robert)

-Robert Lavigne

-Roger Lavergne

-Rôtisseries Fusée (Gilles Lavergne)

-Shalwin (Gary Roy et la famille Champagne)

-St-Onge Ford (Claude, Martin et Francis Mondou)

Un modèle d’affaires populaire dans la LHJMQ

Il n’est pas rare de voir un groupe d’actionnaires à la barre de l’une des 18 formations de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

«En ce qui concerne l’actionnariat de nos équipes, il est commun d’avoir un groupe d’actionnaires composé de plusieurs individus/sociétés possédant une équipe, indique Maxime Blouin, directeur des communications et relations médias à la LHJMQ. Quatre de nos équipes sont détenues pour un propriétaire unique, sept sont détenus par un groupe de 2 à 10 inclusivement, et 7 sont détenus par un groupe de 11 à 32 inclusivement.»

Si les Cataractes étaient la propriété de la Ville de Shawinigan jusqu’en 2007 avant la vente de l’équipe au groupe de propriétaires provenant du monde privé, on compte seulement deux concessions appartenant à des municipalités aujourd’hui: les Saguenéens de Chicoutimi, et le Drakkar de Baie-Comeau. En fait, ce sont les deux seules concessions juniors parmi les 60 au Canada qui appartiennent à une Ville.

Est-ce que la LHJMQ a droit de regard sur l’ajout d’un actionnaire au sein d’un groupe, comme cela a été le cas dernièrement avec Eye the Tiger Management qui s’est joint au groupe d’actionnaires de Shawinigan? «Tout ajout d’un nouvel actionnaire au sein d’une équipe doit faire l’objet d’une enquête indépendante pour par la suite, si tout est conforme, recevoir l’approbation du Commissaire», explique M. Blouin.

Quelle valeur peut avoir une concession dans le circuit Courteau? «Pour la valeur des concessions, cela dépend de plusieurs éléments économiques, dont le marché où évolue chacune des concessions. Cependant, pour une nouvelle concession le prix est fixé à 5 millions. Mais la ligue ne diffuse pas le chiffre sur la valeur d’une concession selon le marché», ajoute le directeur des communications.

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