Une complémentarité en platine

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Par Patrick Vaillancourt
Une complémentarité en platine
Gaston Lavergne et Mary Gallant-Lavergne (Photo : Hebdo Patrick Vaillancourt)

SHAWINIGAN. Quand on demande à Gaston Lavergne, 91 ans, de décrire la plus belle qualité de sa femme Mary Gallant-Lavergne, 88 ans, et à l’épouse de nommer la plus belle qualité de son mari, les réponses sont faites de simplicité. «C’est de m’aimer!», répond M. Lavergne. «Il est bon pour moi!», rétorque-t-elle.

C’est le 9 juin 1951 à l’Île-du-Prince-Édouard, patrie natale de Mme Mary Gallant que le couple a uni leur destinée.

Peu avant d’atteindre la vingtaine, c’est son emploi dans les Air Force qui emmène M. Lavergne à quitter sa ville de Grand-Mère pour se diriger vers l’Île-du-Prince-Édouard. «J’ai été délégué pour diriger une base d’aviation là-bas. J’étais navigateur responsable.»

C’est lors d’une soirée dansante que les deux amoureux à en devenir se sont rencontrés pour la première fois. «On n’avait pas besoin d’être accompagnée quand on allait danser, on savait qu’il y avait plein de gars des Air Force qui allaient être là. On s’est rencontré dans la salle de danse, et on ne s’est jamais séparé», raconte la dame dont on reconnaît toujours un accent anglophone.

«Je m’étais trouvé des patins parce qu’elle aimait patiner. Je voulais la revoir. Et j’avais pris l’habitude d’aller manger au même restaurant pour le dîner parce qu’elle allait manger là. Je l’avais dans l’œil!», ajoute M. Lavergne d’un large sourire.

Ils réalisaient des activités ensemble, et même que son futur époux se retrouvait souvent à la maison familiale pour jouer aux cartes avec le père de Mary. «J’aimais sa personnalité, il était bon et il m’aimait», indique-t-elle lorsqu’on lui demande ce qui l’avait charmé chez Gaston.

«Pour moi, j’aimais les discussions que nous avions et les sujets qu’elle choisissait de parler. C’était facile avec le type de conversations», ajoute M. Lavergne.

Mme Gallant avait 18 ans lors du mariage, tandis que M. Lavergne avait 21 ans.

«Avant de se marier, Gaston voulait retourner au Québec en me disant qu’il allait revenir me chercher dans un an. J’ai dit pantoute! Tu ne retourneras pas au Québec voir tes anciennes blondes, no way! Alors on s’est marié chez nous, puis on est allé à Grand-Mère! Je ne voulais pas le perdre», raconte-t-elle en riant.

Le Grand-Mérois a ensuite été embauché à l’usine Alcan où il y a terminé sa carrière.

«Au travers de tout ça, on a eu trois merveilleux enfants: Denis, Diane et André. Cinq petits-enfants et un arrière-petit-enfant. Ils sont tous des perles et on les adore», exprime la femme de 88 ans.

Les amoureux en platine vivent maintenant à la résidence St-Louis-de-Gonzague.

Et comment se porte le couple après 70 ans d’union? «On est encore heureux au bout! On fait des niaiseries, on se taquine. C’est la seule manière que ça marche. On a du fun ensemble!», lance Mary tout en regardant son mari d’un regard complice.

Quel est le secret de la longévité du couple? «Un jour à la fois! Chaque jour, il faut avoir une pensée pour l’autre», répond M. Lavergne.

«Ce n’était peut-être pas toujours rose, mais on ne se chicanait pas. Il faut accepter l’autre tel qu’il est. Tu n’essayes pas de le changer. On ne se critique pas. Et il n’y a pas une soirée où on se couche et qu’il me donne mes quatre becs en disant I love you! Tous les soirs! Ça arrive souvent dans notre appartement qu’il passe à côté de moi en me soufflant un bec et de me dire qu’il m’aime. Des fois je passe à côté de lui et il me donne une tape sur les fesses, c’est-tu assez bon! C’est peut-être quelques-uns des secrets», ajoute Mme Gallant-Lavergne.

La passion commune du couple était les voyages. Pendant 30 ans ils se rendaient en Floride à l’hiver, à l’Île-du-Prince-Édouard tous les étés pendant 50 ans, même Hawaï et au Mexique.

Le cadet de la famille André était présent en compagnie de sa conjointe lors de l’entrevue. Qu’est-ce qui fait la longévité du couple de ses parents selon lui? «C’est la complémentarité. Le meilleur exemple, mon père est un chasseur et un pêcheur. Et quand il manquait sa chasse, ma mère était derrière et elle ne le manquait pas. C’est déjà arrivé avec un ours qui était dangereusement proche du campement quand j’avais 12 ans. Mon père avait manqué l’ours, et le lendemain il était parti à la pêche. L’ours était revenu et c’est ma mère qui l’a tiré. Ils se complètent très bien à tous les niveaux», raconte le fils en riant!

Gaston Lavergne et Mary Gallant-Lavergne
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