Une expérience mise KO par le COVID-19

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Par Bernard Lepage
Une expérience mise KO par le COVID-19
La recette d'une bonne improvisation selon Alexandre Hamel: «Il faut savoir ne pas démolir le jeu de l'adversaire, mais plutôt construire l'histoire avec lui.» (Photo : courtoisie)

IMPROVISATION. S’il avait eu le mandat d’improviser sur une pandémie mondiale, pas certain qu’Alexandre Hamel aurait songé à mettre son histoire en scène: celle d’un jeune homme privé d’une participation au Mondial junior d’impro.

L’événement réunissant des Québécois, des Français, des Belges et des Suisses devait se tenir du 10 au 13 avril à Genève et Lausanne, au pays des Helvètes. Le Shawiniganais est tombé amoureux avec l’impro depuis qu’il a vu jouer son frère dans une partie au Séminaire Sainte-Marie. «Je n’ai jamais arrêté depuis», raconte celui qui évolue dans la Ligue d’impro du Cégep de Trois-Rivières, où il étudie, mais aussi dans celle de l’UQTR où ses 17 ans lui donnent des airs de chérubin.

«L’impro, ça ne paraît pas, mais c’est très exigeant physiquement», explique le jeune homme qui parle de l’importance de faire des exercices de réchauffement avant une partie comme le font des athlètes pour se préparer à une épreuve sportive. «Il faut que nos sens soient bien éveillés. C’est important d’être bien allumé pour être capable de répondre du tac au tac.»

Même si les parties d’impro s’apparentent à des joutes de hockey dans la forme, la victoire n’est pas nécessairement l’ultime objectif. «Quand on dispute un match, on ne dit pas qu’on joue contre l’autre équipe, mais plutôt avec l’autre équipe. Pour que le spectacle soit apprécié par le public, il faut construire une histoire les deux ensemble», analyse Alexandre Hamel.

«Alexandre, c’est un élément tellement important dans une équipe», souligne Marc-André Marion–Flamand qui joue dans la même équipe que le Shawiniganais au sein de la Ligue Universitaire d’Improvisation de Trois-Rivières tout en agissant comme son entraîneur dans la ligue collégiale au Cégep de Trois-Rivières. «Avec son énergie et son dynamisme, il aide son équipe à offrir des improvisations qui ont du rythme en plus de contribuer grandement à celles-ci avec des idées tantôt inusitées, tantôt réalistes. Sa polyvalence est probablement l’une de ses plus belles qualités. Il comprend les histoires en cours de jeu et sait comment y contribuer positivement.»

Et l’accent québécois?

Dans l’équipe québécoise, le Shawiniganais était un vétéran puisque la compétition était réservée aux 16 à 18 ans. Il avait de plus participé aux deux derniers mondiaux juniors qui avaient été disputés au Québec et en Belgique l’année dernière.

Alexandre Hamel reconnaît que si les quatre nations ont en commun la langue française, l’accent québécois est un élément dont il faut tenir compte. «C’est un véritable enjeu, explique le Shawiniganais. L’an dernier, j’ai fait une excellente blague, mais avec mon accent, personne n’a compris, autant les joueurs que le public. Il faut toujours surveiller ça.»

Comme tout amateur de hockey qui chérit son idole, Alexandre Hamel a lui son modèle chez les joueurs de la LNI  (Ligue nationale d’improvisation). «Arnaud Soly sans hésitation! Il a une spontanéité incroyable. Il peut jouer tout seul durant quatre à cinq minutes et il est toujours drôle. Franchement, je le respecte beaucoup», conclut le Shawiniganais.

 

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La resistance au Covid-19 passe d’abord par une assignation a residence. Attention, toutefois, en ces temps incertains, nous rappelle notre chroniqueur, de ne pas sacrifier l’elegance la plus elementaire.