Une oeuvre éphémère créée avec des rebuts de l’ancienne usine: Le gardien de la Belgo

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Par Bernard Lepage
Une oeuvre éphémère créée avec des rebuts de l’ancienne usine: Le gardien de la Belgo
Haute de 14 pieds, la sculpture de Junko occupe une surface d'environ 400 pieds carrés. Elle est composée de rebuts de l'ancienne papetière. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

ARTS. Une étrange créature a surgit cet automne des entrailles de l’ancienne Belgo. Créée avec des rebuts recueillis sur place, l’imposante et étonnante sculpture est l’œuvre d’un artiste désirant garder l’anonymat…   

Sur Instagram à la fin du mois de décembre, une série de photos apparaissent sur le compte d’un dénommé Junko (junko.playtime). Intrigués par la mention Shawinigan en guise de géolocalisation des images, nous tentons d’en savoir plus. Pas de doute pour un œil avisé, les photos ont été prises sur le site de l’ancienne papetière, plus précisément dans l’un des six anciens bassins d’épuration des eaux usées, à proximité du sentier Thibodeau-Ricard.

Artiste anglophone, de la Nouvelle-Écosse si on se fie à son indicatif téléphonique, Junko créé des sculptures faites de matières recyclées. Ses œuvres étaient jusque-là uniquement à Montréal. Fan de science-fiction, il créer des pièces hybrides, à mi-chemin entre l’insecte et le robot. Sur son compte, le créateur se décrit ainsi (traduction libre): S’amuser avec des matériaux récupérés. Maintenir sa santé mentale pendant la Covid grâce à des installations d’art public de bricolage.

Le sculpteur accompagne les photos de son œuvre shawiniganaise avec ce commentaire: «Cette installation est la plus grande œuvre d’art que j’ai créée à ce jour. Il a fallu environ 10 à 12 jours au cours d’un mois. La création de cette sculpture impliquait de remplir une mini-fourgonnette de déchets, de matériaux de construction et d’outils, de conduire une heure et demie en dehors de la ville et de dormir dans la camionnette pendant une nuit ou deux pour obtenir 2 ou 3 séances de travail. Pendant la construction, j’ai eu un mélange de retours positifs et de regards déconcertés de gens passant par-là.»

Après quelques messages privés sur Instagram, Junko accepte de nous parler, mais à la condition de conserver l’anonymat. «Ce sont des amis qui m’ont parlé de cet endroit», raconte-t-il en anglais en évoquant les ruines de l’ancienne papetière.

Haute de quatorze pieds et couvrant environ 400 pieds carrés (20 pieds par 20 pieds), la sculpture a été entièrement conçue sur place. Travaillant seul, l’artiste a tout d’abord construit le squelette de la créature avec des madriers de bois. Il l’a ensuite patiemment recouvert de rebuts de plastique et de métaux trouvés sur place. Enfin, l’œuvre a eu droit à une couche de peinture rouge pour uniformiser le tout et créé un effet saisissant au milieu des débris au sol, encerclé de murs de béton recouverts de graffitis.

Dans sa démarche artistique, Junko considère que cette œuvre, comme toutes ses autres, est de nature éphémère. Dans le sens où il ne cherche pas à la protéger, s’attendant plutôt à ce que les intempéries en viennent à bout un jour, quand ça ne sera pas des actes de vandalisme qui la dégraderont.

Alors que la lumière au bout du tunnel semble poindre dans le dossier du nettoyage du site, l’apparition surprise de cette œuvre d’art née des décombres industriels mérite bien un nom: le gardien de la Belgo…

À LIRE AUSSI: Anciens bassins de la Belgo: Un musée à ciel ouvert

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