Une serre de cannabis à Shawinigan

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Par Patrick Vaillancourt
Une serre de cannabis à Shawinigan
Sur la photo, les quatre actionnaires Gérard Bilodeau, Jean-Patrick Berthiaume, Richard Parent, et Hugo Beaumont Tremblay. (Photo : Hebdo Patrick Vaillancourt)

SHAWINIGAN. Après Louiseville et Trois-Rivières, ce sera au tour de Shawinigan d’accueillir une usine de production de cannabis à des fins récréatives. Un groupe d’investisseurs a procédé mercredi dernier à l’achat d’un terrain d’une superficie de 7100 mètres carrés dans le parc industriel de Shawinigan-Sud sur l’avenue Georges-Bornais, la première étape d’un projet assez complexe.

D’entrée de jeu, il faut souligner que le groupe de quatre actionnaires ne peut pas réaliser une demande de permis à santé Canada tant et aussi longtemps que l’usine de production n’est pas construite, en incluant tous les systèmes de sécurité.

Deux compagnies distinctes sont impliquées dans le projet d’une micro-usine de production de cannabis à des fins récréatives: Gestion immobilière de prestige de Shawinigan ltée. pour le bâtiment, et Yougo génétique inc. pour les opérations.

Gérard Bilodeau, Hugo Beaumont Tremblay, Jean-Patrick Berthiaume et Richard Parent sont actionnaires dans les deux compagnies à différents pourcentages. M. Bilodeau détient 60% des parts de la compagnie immobilière avec le titre de président, tandis que M. Beaumont Tremblay est l’actionnaire majoritaire de la compagnie opérante à 51% et le président.

Le groupe est devenu propriétaire du terrain de 7100 mètres carrés mercredi dernier pour un coût de 37 000$. Le coût des installations immobilières est estimé à 550 000$ pour une superficie de 1/8 du terrain, et 250 000$ pour les systèmes de sécurité et le matériel de production, pour un projet total de plus de 850 000$. Au départ avec la micro-usine, il est question d’une création entre 7 et 10 emplois.

«En divisant le projet avec deux compagnies différentes pour l’immobilier et les opérations, ça sera plus simple pour nous pour aller chercher du financement, explique Hugo Beaumont Tremblay. Les banques ont une certaine fermeture pour les projets de cannabis. La majorité du financement provient des actionnaires, mais aussi un financement privé pour les deux entreprises.»

Le groupe veut entamer les travaux pour ériger la dalle de béton pour les fondations avant l’hiver. La serre est un bâtiment préfabriqué et le bâtiment arrivera à la fin février, début mars 2022. «Une fois que le bâtiment est érigé avec tous les systèmes de sécurité pour prouver à santé Canada que nous allons opérer dans les règles de l’art, à ce moment on pourra faire la demande de permis pour la production», ajoute M. Beaumont Tremblay de Yougo génétique, qui est aussi propriétaire de l’entreprise Yougo Boro, qui conçoit des pipes en verre soufflé pour la consommation de cannabis.

Le système de sécurité doit être efficace d’abord. «Un exemple, on doit prouver qu’il y a trois portes magnétiques avec code de sécurité et système de caméra relié à une centrale de sécurité avant de pouvoir voir le cannabis», ajoute Jean-Patrick Berthiaume.

«Chaque personne qui se promène dans le bâtiment devra faire une demande de permis pour se déplacer, et si un employé n’a pas son permis, il doit se déplacer avec une personne qui détient le sien», renchérit Gérard Bilodeau.

Une fois le projet ficelé et en opération, le groupe aimerait augmenter la production avec un agrandissement. «On s’attend à ce que la production débute à la fin de l’été prochain, et si tout va bien, nos produits devraient se retrouver sur les tablettes de la SQDC en janvier 2023. On ne sait pas encore avec quel emballeur nous irons. On doit embaucher un emballeur pour être en règle, sinon on aurait besoin d’un laboratoire, et un technicien et un directeur de laboratoire à l’intérieur de nos installations, ce qui augmenterait les coûts considérablement. Ça serait au moins 500 000$ de plus seulement pour notre permis d’emballage. Pour une microproduction, ça ne fait pas de sens. On vise deux produits pour débuter», ajoute M. Beaumont Tremblay.

Le groupe a tenu à souligner l’apport de la Ville de Shawinigan et son Service de développement économique qui a facilité le démarrage du projet grâce au travail de David Marcouiller.

Le maire de Shawinigan Michel Angers a confirmé l’annonce réalisée par le groupe de quatre investisseurs. «Maintenant que le cannabis est légal, on avait identifié quelques endroits dans nos parcs industriels pour une possible implantation d’une usine de production. Évidemment, il fallait que ce soit loin des bâtiments et que ce soit sécurisé. On a travaillé sur un gros projet dans le Technoparc de l’énergie sur Burrill sur un projet d’usine de cannabis à des fins médicinales, et ça n’a pas eu lieu. On avait ouvert la porte aussi dans le parc du secteur Grand-Mère et de Shawinigan-Sud. Ce sont des promoteurs sérieux qui ont acheté le terrain et qui respecteront l’ensemble des règles qui régissent la mise en place d’une usine. C’est intéressant pour l’apport économique et pour la création d’emplois. C’est un bon coup!»

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