Waga Energy à la conquête du Québec à partir de Shawinigan

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Par Bernard Lepage
Waga Energy à la conquête du Québec à partir de Shawinigan
Alors qu'il existe 250 sites d'enfouissement en France, on en compte 2500 au Canada et aux États-Unis. Deux marchés que l'entreprise compte percer à partir de ses deux filiales basées à Shawinigan et Philadelphie. (Photo : courtoisie Waga Energy)

ÉCONOMIE. Une entreprise française qui a développé un système performant de valorisation du biogaz des sites d’enfouissement va s’installer à Shawinigan pour conquérir cet immense marché au Québec et au Canada.

Waga Energy a déjà loué un espace dans l’édifice qui abrite les opérations d’AddÉnergie, dans le Technoparc, mais à cause de la pandémie, les bureaux demeurent toujours inoccupés.

Opérant déjà avec succès une douzaine de Wagabox en France et en novembre dernier, l’entreprise annonçait avoir levé 10 millions d’euros (15,2 millions$) auprès d’investisseurs afin de financer son expansion en Amérique du Nord en ouvrant des filiales à Philadelphie et Shawinigan. «Le choix de Shawinigan a été dicté par l’appétence du Québec pour le biogaz. La province a fixé un objectif de 5% de gaz renouvelable dans sa consommation d’ici à 2025», peut-on lire dans un communiqué émis par Waga Energy.

L’expertise du CNETE

Dans les faits, son établissement en Mauricie s’explique plus par un concours de circonstances impliquant Donald Angers, président-directeur général du Centre d’excellence en efficacité énergétique (C3E) basé à Shawinigan.

«Depuis près de deux ans, je travaille à établir un C3E en France et je suis en relation avec Arnaud Leroy, le PDG de l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (ADEME). Celui-ci est un grand ami du fondateur de Waga Energy, Mathieu Lefebvre. Sachant qu’il voulait s’établir au Québec, Leroy nous a mis en contact et je lui ai dit: Vous pouvez aller n’importe où au Québec, mais je vous dis que Shawinigan, c’est une belle petite place pour s’installer.» explique Donald Angers qui dit avoir agi à titre personnel et non par l’entremise du C3E.

Il semble également que le procédé révolutionnaire par cryogénie développé par Waga Energy, qui est trois fois plus performant et moins polluant que le traditionnel brûlage des biogaz par torchère utilisé dans l’industrie, est une technologie sur laquelle le CNETE du Cégep de Shawinigan possède déjà une expertise sur laquelle le manufacturier français pourra compter.

Preuve que le projet avance, des offres d’emplois sont parues dans les dernières semaines faisant état d’une entreprise de Shawinigan à la recherche d’un chargé de projet en ingénierie et d’une adjointe administrative. C’est un ingénieur travaillant à la maison-mère à Grenoble, Nicolas Noël, qui viendra diriger la filiale shawiniganaise. En Mauricie, l’entreprise fabriquera les composantes internes des Wagabox mais les modules cryogéniques, qui constituent le cœur du système, demeureront conçus en France.

L’opérateur de Saint-Étienne-des-Grès?

Même si l’arrivée de Waga Energy à Shawinigan est retardée à cause de la COVID-19, le travail de prospection auprès des opérateurs de sites d’enfouissement est déjà bien entrepris. Par l’entremise d’une firme basée à Montréal, des représentations auraient déjà été faites pour les sites situés à Rivière-du-Loup, Drummondville, Saint-Hyacinthe et au Lac Saint-Jean selon que L’Hebdo a appris.

De là à penser que le site de Saint-Étienne-des-Grès pourrait accueillir la première Wagabox au Québec, il n’y a qu’un pas puisque la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) annonçait en juin 2019 avoir signé une entente avec Énergir pour la vente de 8,5 millions de mètres cubes de gaz par année. Il restait à la RGMRM a trouver un opérateur de confiance pour transformer ces biogaz et la présence d’une entreprise spécialisée dans la ville voisine tomberait sous le sens.

Cela concorderait également avec le modèle d’affaires développé par Waga Energy qui consiste à ne pas vendre ses systèmes, mais plutôt à les exploiter dans des contrats à long terme (15 ans et plus) dans le but de vendre le gaz à des entreprises comme Énergir opérant un réseau de distribution fiable et déjà établi.

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